Les chroniques du patio
Archives de février, 2008
29 février, 2008
Oui, j’ai profité de ma semaine sans merveille pour récupérer un peu de sommeil – ne serait-ce que de ne pas courir pour les lunchs le soir et le matin, ça a l’air de rien mais c’est 30 minutes de gagner. Oui, Mammouth me trouve affreusement plate: au lit à 19h30, et pour dormir! Non, nous ne sommes pas allés au cinoche, mais nous avons bouffé au resto en masse!
Oui, mes dossiers avancent, plus vite même que prévus. Non, je ne peux pas vous en dire plus sur ma « nouvelle ». Non Stéphane, ce n’est pas un teaser pour augmenter mon lectorat: juste une crainte viscérale d’attirer un mauvais sort sur moi si j’en parle publiquement…;-)
C’est déjà vendredi. J’en peux plus. Je m’ennuies de ma merveilleuse merveille, même si je lui parle 20 fois par jour. C’est viscéral, c’est un creux dans l’estomac, c’est une boule dans la gorge. J’ai hâte de mettre mon nez dans son cou, de donner des bisous sur sa joue si douce, de l’entendre me dire mille fois par jour « Maman, je t’aime ». Bon, pas mille fois. Mais même juste une fois par jour, c’est ce qui permet d’endurer tout le reste.
Je m’ennuies.
26 février, 2008
Il fut un temps, dans ma vie, ou les jours de « Budget » étaient des jours fort occupés. Y avait-il quelque chose pour s’exciter, pour chialer? Fumeuse, je prenais chaque augmentation de taxes sur les produits du tabac comme une insulte personnelle, comme une attaque à mes droits fondamentaux. Même chose quand on augmentait les taxes sur l’essence. On voulait brimer ma liberté de voyager! À 20 ans, on s’en sacre un peu de son REER…
Avec le temps, et avec le changement de carrière, les budgets m’excitent pas mal moins. Surtout quand on sait que pour celui d’aujourd’hui, les chances que le gouvernement dépose un budget forçant la main à l’opposition pour déclencher des élections étaient plus que minces, et les chances que l’opposition décide de renverser le gouvernement encore plus. Mais comme je ne parle jamais de politique, ou si peu, je ne commenterai pas sur le budget.
Ce soir, Mammouth m’a ramassée au bureau et nous sommes revenus ensemble à la maison. Plutôt que d’écouter les commentaires post-budgétaires, Mammouth a décidé de m’imposer un genre de « amateurs de sports, bonsoir! ». Et c’est là que j’ai compris tout le génie du gouvernement: déposer son budget la journée ou la Ste-Flanelle envoie Christobal Huet à Washington, en échange d’un choix de seconde ronde au repêchage de 2009, sans être capable de signer Hossa, ça relève presque de Machiavel!
« M’a te l’dire comme je l’pense, Ron! La grosse perte avec Hossa, c’est pas le joueur, c’est l’individuel*. Un gars gentlemen dans la rue encore plus que dans le vestiaire… » « Pis c’est rien, ça, Ron. Gainey, y’é mieux de pas scorer dans son but avec le repêchage la prochaine fois, parce que le club va faire ben pitié. Ça sentait p’tête la coupe, Ron, mais là, ça sent le golf au mois de mai »…
Ben, m’a te l’dire comme je l’pense, Ron. Doit y avoir des députés ce soir qui doivent espérer avoir un choix de deuxième ronde aussi en 2009…
* Juré: je le cite au texte! Vous demanderez à Mammouth. Et parlant de Mammouth, je peux pas vous dire pourquoi, mais moi aussi je suis super fière de mon chum! Il vous en dira plus lui-même un jour, mais disons que 2008 est une bien meilleure année que 2007!
24 février, 2008
Quand c’est votre charmante progéniture que vous le dit en riant de son petit rire crystallin, ça fesse. Si si. En route pour Québec, merveille m’a demandé quel âge j’aurai quand elle aura 10 ans. Je lui ai dit que comme j’avais 40 ans à sa naissance, j’en aurai donc 50. N’importe quelle occasion pour faire des mathématiques, hein! Hurlant de rire, elle s’est mise à me traiter de « vieille mémée »…
C’est fou ce que le temps passe vite. Hier soir, j’ai revu avec beaucoup de plaisir le show de « Fugain et le big bazar » à Artv. Ça m’a rappelé que c’est le premier vrai show que j’ai vu dans une vraie salle de spectacle, la salle François-Brassard de Jonquière. En 1975. J’avais 13 ans. J’en aurai 46 dans quelques semaines. Et pourtant, il me semble que j’ai vu ce show il n’y a pas si longtemps. Je me souvenais de chaque parole de chaque chanson, de chaque chorégraphie. C’est là que je suis tombée amoureuse avec le genre, sans parler de mon amour pour Fugain qui ne s’est jamais démenti. L’an dernier, au spectacle de la gardo, merveille et ses copines chantaient « Attention mesdames et messieurs »…33 ans plus tard. 33. C’est beaucoup d’années ça. Et en même temps, c’est un battement de cil. Je comprends que pour ma fille, avoir 50 ans, c’est être une vieille mémée. Mais dans ma tête, je suis encore cette adolescente qui attendait fébrilement le levé du rideau pour voir son idole. Dans ma tête, j’ai encore 20 ans. Parfois 25. Mais pas 46.
Ce n’est pas un refus de vieillir. Ou si ce l’est, c’est profondément inconscient. Bien sûr, mon corps me rappelle chaque matin que mes articulations sont moins souples, que le manque de sommeil est plus difficile à rattraper, que ces cheveux blancs, ici et là, ne sont pas dûs uniquement aux angoisses existantielles. Mais dans ma tête, me semble que je ne suis pas si vieille que ça. Pourtant, quand j’avais 15 ans, les quinquagénaires étaient des vieilles mémées. Et elles l’étaient probablement plus que ma gang qui passera le cap du big « 50″ d’ici les 5 prochaines années. Susan Sarandon aura beaucoup fait pour la cause des vieilles mémées!
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De mon aller-retour à Québec, je retiens que j’avais oublié à quel point les entrées et sorties d’autoroute sont mal foutues dans cette ville. Une chance que la musique de Voulzy, que merveille aime autant que moi, jouait assez fort pour rendre mes sacres inaudibles…
24 février, 2008
http://www.chroniquesdupatio.ca/2007/03/19/le-grand-vide/
Je pourrais réécrire presque mot à mot ce billet. Sauf que cette fois, c’est moi qui part avec elle, en voiture, pour la laisser à son parrain qui l’amènera chez grand-maman. Elle est pas partie que je m’ennuie déjà.
En même temps, j’ai hâte de retrouver un peu de temps avec Mammouth, et avec quelques amis que nous n’avons jamais le temps de voir, pris dans nos « obligations familiales ».
À suivre…
23 février, 2008
Merveilleuse merveille n’a jamais été un bébé qui se réveillait en gazouillant. Les yeux à peine ouverts, elle hurlait, comme si elle avait peur de ne jamais nous retrouver ou d’être abandonnée. De tous les rêves que l’on fait à propos de son enfant à naitre (elle sera le plus beau, ses couches n’empesteront jamais, elle sentira toujours bon, elle pleurera à peine, elle dormira comme un ange, elle se réveillera en babillant dans son joli lit blanc et rose, etc… voyez le genre de « nuage » dans lequel baigne la primipare!), c’est celui qui m’a le plus manqué. Je rêvais de demeurer bien au chaud, collée contre Mammouth, émue devant les gazouillis de notre progéniture. Nope. Pantoute. Merveille hurlait et était d’une efficacité redoutable par rapport au cadran.
Ce matin, elle est encore couchée. Et elle chante depuis 20 minutes. Une chanson qui parle vaguement des rivages de sa vie, des rivages aux milles visages, une chanson apprise au cours de musique. Et les mots qui lui manquent, elle les invente. Demandez-moi si j’en suis émue? Demandez-moi si je vais m’ennuyer?
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Mammouth est fier, et j’en suis émue. Et fière. Mais je peux pas encore vous dire pourquoi. Dans le genre de « ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué » et « don’t talk about it, you’ll jinx it! ». Et « it’s ain’t over until it’s over »…
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22 février, 2008
Est-ce la température? L’hiver qui n’en finit pas de finir? La fin des SPM? Le fait que dimanche, j’irai mener merveilleuse merveille pour la semaine chez sa grand-mère et que je sais que dès mardi, je compterai les minutes avant son retour? Un surplus de travail? Le fait que parfois, juste parfois, j’ai l’impression d’être une potiche qu’on sort au gré des fleurs qu’on reçoit?
Tout ça, probablement, à des degrés divers. Ou d’hiver.
19 février, 2008
« Vous débordez de vitalité. Tout vous réussi. Une offre alléchante vous sera faite: ne refusez pas! Votre pouvoir de séduction est incroyable, socialement c’est pétillant pour vous ».
Ce que j’aime de l’horoscope de mon journal gratuit dans le métro, c’est qu’il est toujours tellement dans le mille. Prenez l’exemple d’aujourd’hui: me suis couchée trop tard, j’ai baillé toute la journée. Me suis fait dire que mon document valait pas de la shnout. On m’a fait une offre débile que j’ai refusée. Et si mon pouvoir de séduction est incroyable et que je pétille en société, le seul avantage que j’en ai tiré, c’est que la chauffeuse d’autobus a dévié de son trajet, puisque j’étais la seule passagère, pour m’éviter de marcher 10 minutes. Méchant pétillage!
Demain, éclipse de lune. J’vais peut-être pétiller plus, qui sait? Sur ce, bonne nuit!
16 février, 2008
Je suis une fan finie des vieux films en noir et blanc des années 40 et 50. Et des actrices d’Hollywood de cette période qui représentent pour moi le summum du glamour. Joan Crawford, Bette Davis, Ingrid Bergman, Anne Bancroft, Rita Hayworth. Et ces acteurs désinvoltes, coolissimes qu’étaient Humphrey Bogart, Spencer Tracy, Cary Grant et James Stewart.
À une certaine époque, alors que Radio-Canada présentait son Ciné-Club le dimanche soir, je me régalais à la CBC de ces vieux films. Casablanca, All about Eve, Mildred Pierce, What ever happened to baby Jane, Imitation of life… J’ai vu ces films des dizaines de fois, sans jamais me lasser.
Je suis aussi une fan finie des vieux films en couleurs. Donnez-moi un après-midi de congé impromptu et quelques films de Jerry Lewis, ou Breakfast at Tiffany’s, et me voilà culturellement nourrie pour longtemps.
Époque bénie: la cigarette n’était pas l’ennemie public numéro un, les courbes féminines étaient valorisées (aujourd’hui, Marilyn Monroe frôlerait l’obésité!), les méchants vraiment méchants et les crimes rarement impunis.
Nostalgique? Peut-être. Oui, il se fait encore du bon cinéma. Que je n’ai plus le temps de voir depuis la naissance de merveille (je suis par contre incollable sur les films pour enfants!). Mais jamais Brad Pitt et Angelina Jolie ne me procureront les mêmes frissons que Betty Davis dans Now, Voyager, ou que Humphrey et Ingrid dans Casablanca.
Here’s looking at you, kid…
16 février, 2008
Denise Bombardier pour son hystérie d’adolescente en Afrique avec Céééééééééééline. Pu capable.
Désolée, fallait que ça sorte.
15 février, 2008
Aujourd’hui, fête au village: merveilleuse merveille est en pélago*, et en sortie avec le service de garde. En gang (et probablement beaucoup de gangs de beaucoup d’écoles, dieu bénisse les éducatrices!), ils allaient faire une expédition aux glissades des Pays d’en haut.
Je sais, je suis tannante avec les mots d’enfants de merveille. Mais si je ne les note pas ici, je vais finir par les oublier. Et pour elle, me semble que c’est un joli souvenir. Dans le genre que je m’empresserai de sortir à chaque fois qu’un nouveau gendre se pointera. C’est quand même moins pire que l’album photos embarrassantes, non?
« Ça, futur ex-gendre, c’est celle que tu convoites, la tête pleine de mousse de sécheuse » « Oh! regarde celle-ci, futur ex-gendre: Merveilleuse merveille la tronche pleine de purée de carottes! » « Et celle-ci, encore… ah! cette fois-là on a tellement ri »… « Déjà, futur ex-gendre? Tu dois vraiment y aller maintenant? Et dire qu’il reste encore 28 albums à regarder… Oui oui, à bientôt…. Voyons, merveille, cesse de pleurer, tu vois bien que ce n’est pas un garçon pour toi, il ne s’intéresse pas à tes 200 albums de photos… » Bref, je ne prends pas de chance, en plus des 200 albums de photos, je collectionne aussi les mots d’enfant, juste au cas.
Je disais donc que merveilleuse a passé la journée à glisser et était toute fière, ce soir, de me montrer son ticket de remonte-pente. Elle m’a raconté les péripéties de la chenillette qui n’allait pas assez vite, du tube qui est comme un gros pneu « mais pas dur ». Tout ça pour me dire qu’elle avait passé une fantastique journée au « Mont Tremplin »…. Je ne pourrai jamais plus voir les annonces de Tremblant sans pouffer de rire…
*je sais, on dit pédagogiques, sauf quand on s’appelle Merveilleuse merveille*
15 février, 2008
De ne pas être ému(e) devant ce très très beau texte.
http://alcolo.wordpress.com/2008/02/15/cest-au-cas-o-fvrier-ferait-novembre/
J’ai beau être romantico-nulle à ch**, lire ceci en écoutant « Love Story » le nez encore plein de l’odeur des roses offertes par Mammouth, ça vous fait une St-Laventin hors de l’ordinaire. Mettons. Genre. Comme.
PSSSST: Elle a dit oui!
14 février, 2008
Parce que je vous aime beaucoup;
Parce que la St-Laventin, c’est AUSSI la fête du chocolat;
Parce que sans être la banlieusarde, ou même Isa (des gourmandises d’Isa) ou la fêlée et son chum (il est grand le mystère du yaourt), je me débrouille quand même pas trop mal en cuisine;
Pis parce que pour attirer un nouveau lectorat, on parle soit de cul, soit de bouffe, et que je vais me garder une p’tite gêne pour le premier;
Voici donc, pour toi et pour toi seulement, ma recette de brownies super-débiles-écoeurants-qui-ne-salissent-qu’un-seul-plat. En deux pour un, en plus: version sage et version cochonne (vous voyez bien que je suis presque capable de parler de cul…)
Version de base:
Dans un moule carré de 8 X 8, faites fondre
- 4 c. à table de beurre non salé
- 1/4 tasse de graisse
Retirer du feu et ajouter, en brassant bien
- 1 tasse de sucre
- 4 c. à table de bon cacao non sucré
- 1 c. à thé de vanille
- 2 oeufs, en battant bien après chaque addition
Ajouter ensuite, en raclant bien les bords
- 3/4 tasse de farine + 1 pincée de sel
Mettre au four à 350, 30 à 35 minutes.
Version « cochonne »
Ajouter 1 tasse de noix mélangées (grenobles, cachous non salés, pacanes,etc). Idéalement, vous aurez au préalable fait « rôtir » vos noix au four, le temps qu’elles dégagent tous leurs arômes…) A 5 minutes de la fin de la cuisson, ajouter sur le dessus un sac de chocolat chips « dark » et remettre au four.
Version allégée
Remplacer la graisse par une quantité égale de compote de pommes non sucrée, et remplacer un oeuf par 2 blancs d’oeufs.
Dégustez à ma santé, avec un café ou un grand verre de lait froid.
13 février, 2008
Une chanson douce
Que me chantait ma maman,
En suçant mon pouce
J’écoutais en m’endormant.
Cette chanson douce,
Je veux la chanter pour toi
Car ta peau est douce
Comme la mousse des bois…
12 février, 2008
C’est le meilleur des mammouths, je vous le jure. Depuis 2 semaines, j’ai repris un rythme professionnel d’enfer. Il ne dit rien, ne critique pas, ne chiale pas. Il s’occupe de merveilleuse merveille – mieux que moi, souvent. J’arrive à 8h00, mon souper m’attend au micro-ondes, tout est ramassé, la petite fait dodo, et comble du bonheur, un feu de foyer m’attend. J’ai juste à m’asseoir, à déguster, et à lui raconter ma journée.
Moi, je comprends parfaitement les machos qui veulent une femme à la maison. Je suis en train de devenir machose moi-même. Sauf pour une chose: je veux pas ça pour toute ma vie. Mais je l’ai dit souvent et je le répète: sans Mammouth, je n’aurais pas pu faire la carrière que j’ai fait depuis la naissance de merveille.
Je suis romantico-nulle à ch***, je sais pas bien dire les mots d’amour et je n’aime pas la Saint-Valentin, rebaptisé ici la Saint-Laventin. Au-dela des mots d’amour, c’est tous les jours que je me dis que magré tout, malgré les difficultés, malgré les tempêtes, si je devais rechoisir, c’est Mammouth que je rechoisirais. Sans hésiter.
11 février, 2008
Matière à billet
Et comme disait mon personnage préféré d’Astérix, Soupalognon y crouton: Olé (hombre)!
10 février, 2008
Vous le savez, je ne parle jamais politique. Ou si peu. Mais ce matin, je ne peux pas m’empêcher. Tant pis, je réciterai deux « Je vous salue la Fêlée » et un « Notre Alcolo qui est aux cieux » et on passera l’éponge.
Je suis allée lire ma copine Véro de Bordeaux. Allez lire son texte.
J’en suis jalouse. Nos politiciens sont d’un drabe effrayant comparés aux politiciens français. L’imagination me manque peut-être, mais je ne vois pas du tout Harpeur dans une scène de ménage, avec réconciliation à la clé. Stéphane Dion encore moins. Même au niveau provincial, impossible de « pipoliser » nos hommes et nos femmes politiques, à l’exception de la brève carrière de chef de Boisclair.
Bon, c’est tout à notre honneur, j’en conviens. On se garde encore une petite distance entre la fonction et l’homme ou la femme politique, et c’est très bien comme ça. Au fond, je ne veux pas sawoir si Jean a une maitresse, si Mario fait du fétichisme du pied ou si Pauline a une salle sado-maso dans son p’tit shack dans Charlevoix. Y’a des images comme ça qu’on refuse d’imprimer dans son cerveau.
Mais ce matin, j’avoue: j’envie les français. Du grand déchirement sentimental, me semble que ça nous sortirait de notre torpeur politique. Quand l’événement du jour est le premier ministre qui se promène avec le Bonhomme Carnaval, sans son chapeau de cowboy, c’est d’un triste, vous trouvez pas?
9 février, 2008
La vie est une roue qui tourne. Et on est jamais content. Enfin, rarement content. Quand les enfants sont petits, il arrive qu’on se sente « confiné » à la maison, à moins d’avoir la chance d’avoir une gardienne en qui vous avez toute confiance. On rêve au jour ou les enfants seront assez grands pour s’organiser tout seuls.
Un jour, votre adoe vous indique qu’elle a une fête à l’autre bout de la ville. Vous allez la reconduire, en arrêtant au retour pour faire l’épicerie. Entre deux brassées et autres tâches de mouman (merci encore Adèle, parce que le gros du ménage est fait!), vous mettez votre souper en branle. La toute petite vous informe alors qu’elle va jouer chez sa copine, à deux maisons.
Juste au moment ou vous mettez la table, la toute petite vous appelle pour vous dire qu’elle soupera chez la copine. Tiens, belle occasion de souper en amoureux avec Mammouth? Nennon! Il est tellement silencieux, plongé dans son livre, qu’on oublierait presque le pré-ado. Et puis, faut aller chercher l’adoe à l’autre bout de la ville à 19h30.
Comment on dit, déjà? Petits enfants, petits déplacements, grands enfants, jo le taxi? *soupir*
9 février, 2008
Soirée retrouvailles, hier. Mon ancienne patronne avait réuni autour d’elle tous les gens qui ont travaillé avec elle depuis 18 ans. Une belle gang. Nous devions être plus d’une quarantaine, des gens que je n’avais pas vu pour la plupart depuis la naissance de merveilleuse merveille. Y’avait chose et machin, avec qui nous nous sommes rappelés nos mauvais coup. Et puis elle et elle, mamans comme moi, photos en mains à comparer nos rejetons. Et eux, toujours aussi drôles et toujours aussi mignons, malgré les cheveux gris qui se sont ajoutés au fil des ans. Et surtout la patronne, resplendissante, reposée, dégagée. Une ancienne collègue m’a dit avoir découvert les chroniques depuis quelques temps et avait fait suivre le lien à la gang. Ça m’a fait tout drôle de penser que ce lien ténu nous unissait, à mon insu.
J’ai aussi réalisé qu’au-delà du temps, ce qui nous unissait tous et toutes encore, ce sont nos valeurs communes. On ne peut pas travailler aussi fort si on ne croit pas à ce que l’on fait, ni si on ne croit pas très fort que la personne pour qui on travaille représente ces valeurs. Et dans ce cas précis, nos valeurs de partage, de tolérance, de respect et d’intégrité s’incarnaient dans cette femme que nous aimons tous profondément et qui nous l’a si bien rendu.
Une bien belle soirée donc. Que nous avons tous choisi de poursuivre, en créant un événement annuel. Avec nos familles, la prochaine fois, parce que croyez-moi, à la gang, nous avons largement fait notre effort pour éviter la dénatalité! Nous formons une tribu, une communauté de pensée et ce serait dommage de ne pas continuer à s’informer les uns des autres, de loin en loin.
Autre constat douloureux, ce matin: je suis trop vieille pour que 4 verres de vin sur un estomac vide ne me laissent pas avec un mal de bloc d’enfer…
8 février, 2008
Hier soir, à l’heure du dodo. Je dis à merveilleuse merveille de brosser ses dents, le temps que j’aille mettre le lavage au séchage. Je reviens, elle n’a rien fait… mais elle insiste pour me dire que oui, elle a brossé ses dents.
« Merveille, ta brosse à dents est sèche et le lavabo impeccable » (d’habitude, y’a une longue coulée de pâte à dents rose dedans…)
« Je mens pas! » qu’elle me réplique, prête à jurer sur la tête de son Dino. « Si Merveille, tu me mens (et dans ma tête je me dis qu’elle n’est même pas habile en plus…) »
« WHOUHAHA! Ma mère ne m’aime plus » qu’elle se met à hurler, en allant se « pitcher » sur son lit, le visage plein de larmes. « Moi non plus, je ne t’aime plus ».
Je voulais rire, mais c’était la dernière chose à faire. Alors je lui ai expliqué calmement que oui, je l’aimais encore, que j’allais toujours l’aimer parce qu’elle est ma fille, mais que je n’aimais pas son comportement. Je lui ai fait un câlin malgré elle (la tête sous l’oreiller, à pleurer toutes les larmes de son corps. et à me dire qu’elle ne voulais pas que je l’aime…) et ai fermé la porte de sa chambre.
Je l’ai entendu pleurer et marmonner pendant 10 minutes. Du grand théâtre. Puis, comme je ne réagissais pas, elle est venue me retrouver dans ma chambre pour me dire qu’elle n’arrivait pas à s’endormir…. parce qu’on était en chicane et qu’au fond, elle voulait que je l’aime. 3 minutes après l’avoir rebordée, elle ronflait.
5 ans. Elle a juste 5 ans. Comment je vais survivre à son adolescence moi?
7 février, 2008
Vous commencez un jour à bloguer, non pas dans l’anonymat, mais dans la confidentialité. À part Mammouth et quelques amis chers, personne n’est au courant. Votre « lectorat » de 10 personnes vous satisfait pleinement.
Un jour, vous remarquez qu’on laisse des commentaires sur vos billets. Flattée, vous allez lire pour rendre la politesse, ceux de vos lecteurs qui se commettent également. Et vous êtes soufflée: par leur écriture, par leur univers, par leur créativité. Vous vous dites que vous ne leur arrivez pas à la cheville, mais c’est pas grave, parce qu’ils se sont sans doute égarés en venant ici, et ils ne reviendront pas. Enfin, vous l’espérer, parce que sinon, vous seriez gênée de continuer à écrire.
Vous vous gardez quand même une petite gêne. Même si pour vous écrire est thérapeutique, vous gardez des grands pans de votre vie à l’abri de vos 10 lecteurs fidèles. Pour toutes sortes de raisons. D’abord parce que vous bloguez sous votre vrai nom, et que vous n’avez pas nécessairement envie que vos collègues de bureau ou vos voisins connaissent tout de votre vie privée. Et puis parce que votre vie n’est pas forcément toujours intéressante, ou vos commentaires pertinents. Enfin, parce que sur les sujets qui vous allument vraiment, vous savez que vous pourriez vous mettre dans le trouble. Mais vous aimez écrire, et puis, vous ne le faites que pour 10 personnes, alors pourquoi arrêter?
Un jour, on vous cite à la télé. Puis on vous cite dans quelques articles de la presse écrite. Ça vous gêne, et vous décidez d’être moins « percutante » dans vos propos. Vous ne touchez plus à certains sujets. Vous vous auto-censurez, un peu. Mais ça passe vite, et vous continuez à écrire, parce que vous aimez ça. Et puis, bon, ils sont peut-être 20 maintenant, pas plus, à vous lire.
Aujourd’hui, Mammouth me dit que quelqu’un que j’aime lire m’a lu et lui a fait la remarque que j’écris bien. J’en ai rougis. Mammouth n’a rien vu, il fait noir dans la voiture. Et puis, je suis persuadée qu’il voulait faire plaisir à Mammouth en lui disant que sa blonde écrit bien. Je sais que j’ai un certain talent pour aligner les mots, mais je n’ai pas la plume de certains, ni l’esprit de d’autres. Un prof du secondaire m’a même écrit sur un travail qu’il n’avait jamais rencontré d’étudiante capable d’aligner autant de jolis mots qui ne veulent rien dire, mais qui sonnent comme de la musique.
Mais le point n’est pas là. Tout à coup, avec ce commentaire, c’est comme si je réalisais que je ne blogue plus de manière confidentielle. Alors que faire? J’aime écrire, c’est vital. Le blogue remplace, en quelque sorte, le journal intime de mon adolescence, niaiseries en moins. Le blogue est thérapeutique, et il m’a permis de tisser des liens virtuels et réels depuis presque 2 ans, en me mettant en contact avec des gens que je n’aurais probablement jamais connus autremement. Il m’a permis de retrouver bibcocotte, et c’est précieux. Il garde une trace pour merveilleuse merveille de sa vie, de notre vie. M’en gardera-t-elle rancune dans quelques années?
Au fond, je l’ai toujours su que vous étiez plus que 20. Peut-être 30, maintenant? Je ne perdrai jamais de vue qu’internet, malgré toutes ses extraordinaires possibilités, peut aussi être un joujou dangeureux. Je m’auto-censurerai peut-être un peu plus, je ferai peut-être encore plus attention au choix de mes sujets.
Alors, bloguer ou ne pas bloguer, telle est la question dirait maintenant Shakespeare…