Les chroniques du patio

Là où fleurent bon la résine de synthèse et le p’tit rosé estival

Archives de janvier, 2008

En bonne Saguenéenne, je suis née avec le gène de la guénille. En gros, ce gène provoque chez l’individuE qui en est porteuse une propension à faire le ménage et à n’être bien que dans un environnement rangé, propre et à l’ordre. Sinon, la déprime s’installe, la mauvaise humeur s’inscruste au même rythme que la saleté et l’entourage en souffre. Par conséquent, en plus de jongler avec la conciliation travail-famille, vous essayez de concilier boulot-activités ménagères et vous passez de précieuses heures de vos weekends à torcher plutôt qu’à aimer vos enfants et votre Mammouth préféré.

Depuis notre déménagement à Mourial, je n’avais plus d’Adèle. Or, la maison est grande, 1 ou 3 enfants, 2 parents et un labrador idiot y vivent, et Mammouth n’est pas Saguenéen… Mais il est difficile de trouver quelqu’un à qui vous ferez confiance au point de lui ouvrir votre intimité, lui laisser votre clé et espérer qu’elle ne trouvera pas que vous êtes la pire « cochonne » en ville. Et puis, j’avais d’autres priorités.

Depuis mon arrêt de travail, j’ai appris à demander. En fait j’ai réalisé qu’à tout vouloir faire, je risquais le mur. Et plus grave encore, je risquais de manquer l’enfance de ma fille au profit d’un meuble épousseté. J’ai aussi décidé que notre couple méritait que de temps en temps, nous sortions en adultes. J’étais gâtée, nous avions une gardienne qui avait 16 ans à notre arrivée, mais rendue à 20 ans et sur le point de commencer sa carrière d’éducatrice, difficile de la convaincre de venir garder le samedi soir…J’ai donc fait deux choses essentielles à ma santé mentale: d’abord, nous nous sommes trouvé une petite gardienne fiable. Et je me suis mise à la recherche d’une Adèle. Que j’ai trouvée chez Sarah-Émilie, qui a eu la gentillesse de la partager avec moi.

Aujourd’hui, c’était la première journée d’Adèle. Ce soir, j’ai 25 livres de moins sur les épaules. La maison est impeccable, Adèle et le labrador se sont entendus comme larrons en foire et elle a poussé le professionnalisme à m’appeler tout à l’heure pour savoir si j’étais satisfaite! Et comment, que je suis satisfaite! Adèle, ou étiez-vous toute ma vie? Un peu plus, et je lui demandais de m’adopter!

Sarah-Émilie, merci. Mille fois. Du fond du coeur. C’est très généreux d’avoir accepté de partager Adèle. Au fond, Adèle ne fait pas que s’occuper de ma maison: elle s’occupe aussi de mon âme et me permet de gagner quelques heures de liberté pour ma famille. C’est précieux et sachez toutes les deux que je l’apprécie au plus haut point.


Confidences
30 janvier, 2008

Je n’ai pas le talent de Chroniques blondes, mais je crois que je vais derechef ajouter une catégorie à ces chroniques: « Jojo dans le métro » que ça va s’appeler.

Je dois avoir une bouille sympathique, une bouille qui vous dit, au premier regard, que même si vous m’aborder sans que je ne vous y invite, je ne vous enverrai pas bêtement promener. Qui plus est, règle générale, les enfants me sourient spontanément et me font des « tata » quand je débarque avant eux. Faut dire que je n’ai pas peur de faire une folle de moi et de leur faire tous plein de simagrées pour les faire rire, et au yabe ce que les messieurs en cravate en pensent. J’en ai rien à foutre, des messieurs en cravate du métro qui s’obstinent à regarder leur bébelleberry pour éviter de voir les madames enceintes-jusqu’aux-oreilles, afin de ne pas avoir à céder leur place assise. Pas plus que des humeurs des matantes sur le bord de la retraite qui soupirent fort parce que des touts-petits osent pleurer à l’heure de pointe: j’ai toujours envie de leur répéter plus fort que ce sont ces petits-là qui paieront nos chèques de retraite dans quelques années…

Bref, tout ça pour vous dire qu’inévitablement, c’est à moi que le sans-abri s’adresse, ou que la personne désinstitutionnalisée aborde pour jaser. Toujours. Et c’est ok. J’imagine que la journée doit être longue quand personne ne prend la peine de répondre à ton salut. La nature ne m’a pas donné une patience d’ange – hein mammouth! – mais dans ces cas-là, on dirait que toute trace d’impatience ou d’inconfort disparaît. Peut-être parce que pendant des années, j’ai dû cotoyer, dans des cocktails de financement de toutes sortes, des gens qui finalement, étaient pas mal moins intéressants, mais fort intéressés.

Hier soir, un jeune homme s’est installé à côté de moi et s’est mis à me raconter sa vie, en fabulant fort – enfin je pense. Décousu, mais tellement gentil, il m’a fait pensé à ces enfants qui te demandent sans cesse « maman, maman, regardes! » Un grand, un immense besoin d’attention. En face de moi, un monsieur à cravate et une matante au bord de la crise de nerfs qui me regardaient de travers, de peur que je les implique dans notre conversation. Arrivé à destination, il s’est levé, m’a salué poliment et m’a dit « Merci madame ». Et j’ai pensé à tous ces enfants handicappés, qui ne pourront jamais même prendre le métro seuls et à leurs parents qui donneraient probablement cher pour qu’ils y arrivent. Et j’ai pensé à nos enfants, parfois insupportables, mais en santé physique et mentale.

Je le sais, je voulais être canonisée sainte de mon vivant. Mais j’ai encore du chemin à faire pour convaincre Ben XVI de me mettre sur sa liste d’appel…Entretemps, je me souhaite de garder ma patience envers ceux qui ont le goût, pendant quelques stations de métro, de partager leur quotidien.


Pour Alcolo
30 janvier, 2008

Billet.

:-)


6 belles huîtres bien en chair, un pâté chinois (ma recette secrète), les enfants, un ami presqu’un frère, et un gros dodo le lendemain matin: tout simple, hein?

Surtout quand on commence sa 50ième année.Bonne fête, mon amour!


On est loin de Facebook!
27 janvier, 2008

Quand on vieillit, inévitablement nos amis vieillissent aussi. Et leurs parents ne rajeunissent pas, ce qui fait que de plus en plus, nous fréquentons les salons funéraires et l’église.

Hier, nous sommes allés témoigner notre amitié à nos amis de l’Ile-aux-Grues suite au départ du père de Gilles. Une belle cérémonie, à la campagne. Une église toute en bois, comme je les aime. Mais surtout, une communauté tissée serrée, rassemblée pour se rappeler la vie de « Ti-Guy », une vie riche de petits gestes tout simples. De beaux témoignages de ses enfants, ou l’amour transperçait la pudeur. Et puis, à la fin, ses compagnons des Chevaliers de Colomb qui, se tenant les mains, lui ont chanté, de leurs belles voix graves d’hommes qui ont travaillé la terre toute leur vie, « Ce n’est qu’un aurevoir, mon frère ». L’émotion tout pure. Sur le parvis de l’église, alors que nous nous attardions, Mammouth a passé la remarque que cette solidarité d’une communauté, ce n’est pas sur Facebook qu’on la retrouve. Et il a raison.

Oui, la technologie nous permet de créer des liens et de les entretenir. Elle permet par exemple à nos soldats en Afghanistan de maintenir le contact avec leurs familles et leurs amis, et c’est tant mieux. Elle permet à des couples de se former (ahum…) et à des amitiés virtuelles de s’enrichir. Mais je me demande si mes amis virtuels se déplaceraient pour mes funérailles? Encore faudrait-il qu’ils me connaissent au-delà du nick que j’utilise sur les forums que je fréquente!

Quel beau paradoxe, quand même. On est de moins en moins « secrets » – à lire certains profils sur Facebook, z’avez pas l’impression qu’il y a des gens qui se promènent la personnalité,à défaut des fesses, à l’air? Et en même temps, on a de moins en moins de vrais contacts avec de vraies personnes : connaissez-vous le nom de vos voisins? Avez-vous déjà eu avec la personne qui partage votre siège d’autobus une conversation aussi profonde qu’avec vos interlocuteurs virtuels qui ne sont pas des gens que vous connaissez dans la « vraie » vie? Bien sûr que non! Le relatif anonymat d’internet nous autorise, croit-on, à bousculer les règles de vie en société.

En même temps, je suis parfaitement consciente que parfois, l’anonymat nous permet d’aller plus loin dans l’expression de nos états d’âme et de nos pensées. Sans le filtre du « mon dieu, que pensera-t-il de moi demain », on peut probablement se permettre d’étaler nos sentiments les plus noirs, les plus sombres. Et pour l’avoir expérimenté moi-même à plusieurs reprises cette année, le réconfort virtuel aide grandement.

Je me questionne ce matin sur la solidarité de ces regroupements virtuels. Remplaceront-ils les CdC, les Filles d’Isabelle, le cercle des fermières, les Scouts et les Guides qui ont permis à des milliers de gens de tisser des liens, de sortir de leur quotidien et de faire en sorte que la communauté volait au secours de ses membres en cas de coups durs? Ou ai-je une image mythique, romantique de ces liens anciens?

Gilles, Loulou, nos pensées vous accompagnent en ces moments difficiles.


Me semble que ça fait longtemps que je ne vous ai pas dit à quel point j’aime ma fille. Ma merveilleuse merveille, ma belle tête de cochon, ma sauterelle, ma poussinette, mon chatounet. Parfois, dans le métro, je vois de jeunes mamans, aux bras pleins de marmots, et je les envie. Elles ont du temps devant elles pour aimer ces enfants, pour les câliner. Moi aussi, j’ai du temps, mais moins qu’elles, alors je prends des bouchées doubles d’amour. Nous avons nos rituels, comme l’histoire du dodo, la chanson avant le dernier câlin et le dernier bisou, et notre petit déjeuner partagé rapidement le matin. Ces jours-ci, notre chanson du dodo, c’est « Le temps des fleurs« , et « Il y a longtemps que je t’aime »…

Et il y a ces mots d’enfants, trop cutes et qu’on finit par oublier. Et ceux qu’on ne corrige pas, parce qu’ils sont si mignons et qu’au fond, elle aura bien le temps d’apprendre que ce n’est pas « tout à fait ça ». Comme la belle au « roi dormant », les journées « pélagogiques » et la St-Laventin. Avouez que ça sonne moins commercial comme fête, non?

Quand je vois sa petite tête penchée sur celle de son Mammouth de papa, je me dis que le reste n’a aucune espèce d’importance. Ce sont mes deux amours. Et j’ai dû mener une bonne vie pour avoir la chance qu’on les mette ainsi tous les deux sur ma route.


À droite, toute!
23 janvier, 2008

Ça y est, je suis inquiète. Je m’inquiète de mon moi-même.

La semaine dernière, j’avais écrit un long billet suite à l’article de Jacques Lanctôt paru dans le journal de Mourial, dans lequel il racontait son histoire de pâté chinois servi à James Richard Cross, enlevé par la cellule felquiste de Lanctôt. J’y décrivais mon malaise profond devant ce que je considère comme une impudeur totale. Après tout, en sommes-nous à glorifier ce qui est un acte criminel et à le banaliser en le ramenant à une expérience culinaire?

J’ai probablement un rapport particulier avec la crise d’octobre 70. J’en ai parlé ici. C’est octobre 70 qui m’a donné le goût de faire de la politique, ou à tout le moins de m’intéresser de près à la chose publique. J’ai horreur de la violence et pour moi, un enlèvement et un meurtre, ce sont des gestes de violence, que rien, même pas un idéal politique, ne justifient. J’avais 8 ans, peut-être que je ne mesure pas bien l’ampleur de l’aliénation réelle ou présumée des Québécois à cette époque, mais je n’en démords pas: un meurtre est un meurtre, un enlèvement est un enlèvement, et leurs auteurs, des criminels.

J’avais donc écrit un long billet, que j’ai choisi d’effacer. Pour ne pas créer de polémique. Et je n’ai pas écouté Lanctôt à Christiane Charette, occupée que je suis à « dégérer » (un dégé, ça dégère, ai-je décrété!). Or, ce matin, coup sur coup, Martineau et Denise Bombardier reprennent le même argument sur l’impudeur de cette histoire.

Je m’inquiète: depuis quand suis-je devenue un croisement de Martineau et Bombardier, que je considère à droite?


Conversation intéressante avec un collègue ce midi. Sur la vie, le bonheur, le frette, l’amour et les enfants. Et sur la façon d’absorber les coups durs.

Je lui racontais qu’un jour, j’ai décidé de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Bien sûr, ça demande un effort, la nature humaine étant ce qu’elle est. Et la vie a le don de vous remettre, deux fois plutôt qu’une, le nez dans le caca, le vôtre ou celui des autres. Être reconnaissante, ce n’est pas nécessairement facile tous les soirs. Mais l’alternative, c’est d’être en maudit la moité du temps, et en dépression l’autre moitié. C’est toute la différence du monde entre être la victime des circonstances ou être en contrôle, pas sur les événements, mais sur comment on réagit. Il fût une époque ou je me complaisais dans mon malheur – réel, inventé ou appréhendé. Je rêvais d’être la Dame aux Camélias, mais hélas! plus personne ne meurt de consomption de nos jours!

Au fil de la conversation, j’ai eu un doute. « Qui essayes-tu de convaincre? Collègue ou toi-même? » me soufflait ma petite voix intérieure. À partir de quand l’optimisme cède-t-il la place au gnagnanisme? Suis-je en train de devenir gnagna à force de décider de ne voir que le verre à moitié plein? Serais-je en train de devenir jovialiste sans le vouloir? Vais-je entreprendre une seconde carrière comme « motivatrice, calvasse de calvasse »?

J’ai pas convaicu collègue, mais je reste profondément convaincue que la seule chose sur laquelle j’ai un certain contrôle, c’est la façon avec laquelle je fais face. La marge est mince, et je devrai demeurer vigilante pour ne pas devenir gnagna. Déjà que je suis sur le point d’être vieille…Une vieille gnagna, est-ce mieux qu’une vieille chiâleuse? Pas sûre…


Petit geste de souveraineté
20 janvier, 2008

Vous le savez, je ne parle jamais politique. Ou si peu. Mais là, je vais faire une Pauline Marois de moi-même et faire un petit geste de souveraineté:

« Chériiiiiiiiiiiii? Je fais un  petit geste de souveraineté. Je vais magasiner TOUTE SEULE, et je pars avec TA carte de crédit »…

Alors pour tous ceux et celles qui se demandent ce que ça veut dire concrètement faire de petits gestes de souveraineté, ben c’est ça. Genre. Comme. Mettons. Pour les autres, à écouter, l’entrevue de Gilles Duceppe aux Coulisses du pouvoir.


Le silence du samedi
19 janvier, 2008

Il est 7h30 et des poussières. Dehors, une petite neige fine. Dedans, le léger bruit de ronflement d’un Mammouth dormant du sommeil du juste, et celui de la chienne recouchée à mes pieds. Rien en provenance de la chambre de merveilleuse merveille qui s’est couchée épuisée hier soir, après avoir écouté « Paquet voleur » bien au chaud sous la douillette avec moi. Pour Annie Brocoli. C’est drôle comme ce qu’on essaie d’éviter finit toujours par vous rattraper. Brocoli m’énerve, je n’ai jamais fait écouter les produits dérivés de cette blonde qui plaît plus aux papas qu’aux mamans, mais merveille l’adore, allez savoir pourquoi! M’enfin..

Bref, à part le glouglou de la cafetière et le cliquetis de mes doigts sur le portable, c’est le silence. Pas de radio, pas de télé. Le silence. J’aime le silence trop rare du samedi. Tout à l’heure, la folie recommencera avec la course folle habituelle du samedi. Alors ce silence. c’est comme un cadeau de « Moi à moi, avec amour et passion ». Z’avez remarqué que le café du samedi est toujours meilleur? Pourtant c’est le même café…

Et je lis. Vos blogues. Prenez le temps d’arrêter chez l’Alcolo, pour la beauté des textes, la douleur parfois à fleur de peau et sa tendressse infinie pour l’ado et la petite. Et réjouissez-vous du retour de Chroniques Blondes et de l’Off Mère Indigne: faut pas bouder le plaisir quand il se présente ainsi à vous. Indignez-vous chez la Fêlée, et dites-vous qu’il y a des SPM pire pareil que le vôtre ou celui de votre douce.

J’vous ai dit que j’aime le silence du samedi matin?


Parfois, un reportage vient me chercher au plus profond des tripes. C’est le cas ce soir avec « Mémoire à la dérive », un documentaire sur 4 femmes atteintes de la maladie d’Alzheimer réalisé par Pauline Voisard. Un regard tout en douceur, tout en pudeur, sur une maladie terrifiante. Un reportage d’une infinie tristesse, mais également d’une infinie beauté.

Car ces femmes sont belles. Peut-être parce que je prends chaque jour conscience de plus en plus qu’un jour ce sera moi, cette vieille dame un peu (beaucoup?) chialeuse, fragile mais indépendante, consternée de devoir dépendre d’autrui de plus en plus, ces femmes m’émeuvent et me touchent. Ces femmes, ça pourrait aussi être ma mère, chez qui j’ai senti pour la première fois une fragilité à son dernier séjour ici. Elle est en santé physiquement et mentalement, mais l’âge est là.

Cette maladie me fait peur. Moi qui me suis frottée contre la mort annoncée de gens qui m’étaient précieux, et qui connaît la douleur que fait naître un diagnostique de cancer chez celui qui le reçoit et chez ses proches, je me demande comment on réagit quand on nous annonce que c’est votre lucidité qui s’en va, petit à petit. Je ne sais pas comment je réagirais si ma mère ou Mammouth en étaient atteints. Voir un être qu’on s’aime partir à petit feu, être physiquement là mais ne pas vous reconnaître, ça doit être terrible. Les voir mourir sans être mort, ça doit être insupportable. Une copine à moi a vécu cela. Elle a un peu partagé avec moi son sentiment d’impuissance et son sentiment de culpabilité au décès de sa mère, soulagée qu’elle était que ce cauchemar soit terminé.

Je ne sais pas non plus comment je réagirais si je me savais atteinte. Savoir que dans quelques mois, quelques années, je ne pourrais plus reconnaître merveilleuse merveille, ni Mammouth, ni ma famille, ni mes amis? La vie, ou l’amour de la vie, est-elle plus forte que le désespoir? Se laisse-t-on glisser dans l’oubli par résignation? Ou alors, comme Claude Jutras, choisit-on de quitter avant d’être quitté par sa lucidité?

À chaque fois qu’un numéro de téléphone m’échappe, que le nom de quelqu’un que je rencontre ne me vient pas spontanément aux lèvres ou que je cherche mes clés, j’angoisse. En même temps, que puis-je y faire? Que sera sera, chantait Doris Day… Que sera sera.


Assumons notre kitchitude!
14 janvier, 2008

J’ai toujours aimé la télé. Que ce soit pour m’informer, de divertir, m’endormir, je suis une fille d’images, alors que Mammouth est un homme de radio. En vieillissant, j’ai appris à apprécier les reportages radio et j’ai mes idoles, comme René Homier-Roy, mais si je devais demain faire un choix définitif entre les deux, je choisirais sans hésiter la télé.

J’ai des souvenirs puissants du cinéma Kraft et de recettes de n’importe quoi au Cheez Weez à la pause publicitaire. Je me rappelle de films épeurants vus à la télé, et pas nécessairement la série des Freddy – voir In cold blood à 12 ans, c’est très impressionnant! Les images percutantes des tours jumelles s’effondrant, l’horreur sur le visage des survivants d’Oklahoma City, tout ça est à jamais impregné dans ma mémoire télévisuelle.

Et des émissions marquantes: évidemment, mes émissions d’enfant que Merveille découvre maintenant avec joie (la chanson thème de la Ribouldingue a remplacé le fais dodo du soir, c’est tout dire!), Rue des Pignons que j’écoutais parfois en cachette, et beaucoup plus tard L’héritage et Bouscotte qui sont devenus des classiques pour moi pour la beauté des textes.Vous dire mon bonheur quand nous avons eu le cable: mon univers s’est élargi! À moi les émissions américaines, les séries sur les hopitaux (je pourrais vous réciter des scènes entières de E.R., mais surtout de Chicago Hope), 60 minutes, Dateline, 20-20 avec Barbara Walters et ses spéciaux pré-Oscars, etc. Mon horaire universitaire s’est construit autour de « All my Children », et encore aujourd’hui, quand je suis en congé, je ne peux m’empêcher de m’intéresser au destin d’Érika Caine.

Et puis, j’ai découvert la télé française, et ma fascination a monté d’un cran. Maïté est vite devenue mon idole. Son émission « La cuisine des mousquetaires » est devenu un incontournable et gare à qui aurait osé me parler pendant que mon idole mangeait – les os compris – ses poussins aux raisins! Et un show de chaises français, vous avouerez que ça a autrement plus de panache qu’Occupation Double. Vous souvenez-vous de « Frou frou » avec Christine Bravo? J’ai ri, j’ai pleuré et j’ai écouté religieusement.

Sont également apparus les canaux de nouvelles continues: d’abord CNN, RDI puis LCN. Je suis littéralement devenue accro. Je raconte à la blague que le premier mot de merveille a été Bagdad, parce que je l’ai longtemps allaité en écoutant les nouvelles et qu’il n’était question que de la guerre en Irak à l’époque…

Depuis la venue d’Illico, j’ai investi avec sérieux dans ma relation avec Health Channel (pour une hypocondriaque, c’est dangeureux, mais j’assume!), et j’ai de nouvelles idoles: les anglaises délicieuses et délirantes de « How clean is your house« . Je rêve que Kim et Aggie viennent récurer ma toilette, c’est tout dire!

Mais ce soir, je sors du placard et j’assume mon côté kitch: j’aime le canal 95 (Prise 2) parce que je peux y revoir L’Or du temps! Même que Mammouth commence sérieusement à se questionner sur ma vraie personnalité… Docteur, ça se soigne, vous croyez?


Curieux, les résultats du sondage qui démontrent que grosso modo, les gens sont satisfaits du système de santé, alors qu’il me semble que tout le monde chiâle… 93%, ça me semble significatif, surtout qu’un peu plus de 38,0000 personnes ont participé à ce sondage.

J’ai de la chance, je suis rarement malade. Même chose pour merveilleuse merveille, qui n’a jamais vraiment été malade, si on exclu les rhumes et autres microbes rapportés de la gardo. Même chose pour Mammouth. Et à chaque fois que j’ai eu à utiliser les services de santé, j’ai été plus que satisfaite de la compétence et du désir véritable d’aider. J’ai même une chance de cocue: en déménageant ici, on m’avait dit qu’il était, comme partout ailleurs, impossible de trouver un médecin de famille. Or, 3 mois après, sur la recommandation d’une collègue de travail, j’ai trouvé la perle rare, un médecin qui cédule ses rendez-vous aux demies-heures pour prendre le temps de jaser avec ses patients, chez qui on attend que très rarement, et dont la secrétaire s’excuse (!) de ne pouvoir vous donner de rendez-vous avant… 2 semaines! Une perle, je vous dis!

Bon, je ne dis pas que tout est parfait et que le système n’a pas besoin d’être huilé. Et j’avoues que les dernières 24 heures ont falli me faire basculer dans le camp des chiâleuses. Rien de grave, je suis capable de m’auto-diagnostiquer (croyez-moi, il suffit d’en avoir fait une pour que les symptômes d’une infection urinaire restent à jamais gravés dans votre mémoire corporelle!). Je peux donc m’auto-diagnostiquer, mais je ne peux pas me prescrire les antibio nécessaires (le jus de canneberges, même bio à 6,99$ le litre ne réussit pas à enrayer la bactérie à tout coup!). Hier, en revenant du boulot, je pars donc à la recherche d’une clinique sans rendez-vous, mon médecin, si génial soit-il, ne faisant pas de bureau le vendredi soir. Comme je ne suis pas une utilisatrice fréquente des cliniques sans rendez-vous, j’ignorais qu’il faut deviner 3 semaines à l’avance que vous serez malade précisément à 18h45 le vendredi pour avoir droit à une consultation médicale. La pharmacienne, chez qui j’ai cherché conseil, a pris la peine de communiquer avec le CLSC, pour me trouver une clinique qui, à 19h00 un vendredi soir, prenait encore des « clients ». On m’indique une clinique, à 20 minutes d’ici. J’y fonce, pour me faire dire bêtement que le CLSC était dans les patates et qu’il n’y a pas de place. « Et si ça fait trop mal, allez à l’urgence! ».

Je ne suis pas un cas d’urgence. Une infection urinaire c’est douloureux, mais à ce stade (pas de fièvre, pas de coups de poignard dans le dos), ce n’est pas une urgence. Alors pourquoi j’irais encombrer – et attendre – une salle d’urgence? Pas grave, que je me dis, j’irai demain.

Je me pointe donc ce matin, vers 10h30, à la clinique près de chez-moi. Pour me faire répondre encore plus bêtement qu’hier que « je devrais savoir qu’il faut venir prendre un numéro à 7h30 le matin pour avoir un rendez-vous à la clinique sans rendez-vous et qui si ça fait mal, allez à l’urgence, ma p’tite dame »…. Grrrrrr…

Finalement, grâce à info-santé, j’ai trouvé un CLSC qui prenait encore des patients. Et après 3 heures d’attente, j’ai vu un médecin qui en deux coups de crayon, a prescrit l’antibio convoité. Moralité: le système fonctionne. Ce sont les gens qui y travaillent qui, parfois, auraient intérêt à être un peu plus humains…  En même temps, je comprends que les pauvres réceptionnistes doivent en voir de toutes les couleurs, et qu’un « patient » impatient et grossier, ça doit pas vous donner le goût d’être gentille avec le reste de la population qui se pointe après. Mais pourquoi référer systématiquement les gens à l’urgence?

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Changement de propos: j’ai terminé ma première semaine de DGère, comme dit Mario. A vous tous et toutes, merci pour le vote de confiance! Je ne sais pas si je ferais ça à l’année longue, et pour la première fois depuis des lunes, je suis revenue avec une mallette pleine de lecture et de projets à analyser.  Y’a des choses qui semblent se dessiner, mais je vais me garder une petite gêne avant de vous en parler, question de ne pas « jinxer » le tout. Mais je suis définitivement revenue dans mon élément, et j’adore ça!

Et puis, des amis à nous ont reçu une merveilleuse nouvelle, qu’ils nous ont fait l’honneur de partager avec nous… Yup, 2008 sera une merveilleuse année!

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Impressionnée
9 janvier, 2008

Vous me connaissez, je ne parle jamais politique. Ou si peu. Et encore moins de politique étrangère, à laquelle je ne comprends pas grand chose, du reste. Ou si peu.

Mais là, je suis complètement impressionnée. Toutàfaitement impressionnée. Moi, le culot, à ce point, ça m’impressionne. Surtout quand il est porté par un homme de petite taille, chez qui on aurait tendance à diagnostiquer le syndrôme du chihuahua *savez, l’affaire qui porte les hommes à hurler pour se faire une place dans un monde de grands…, aussi connu sous le nom du syndrôme de Napoléon*.

« Avec Carla, nous avons décidé de ne pas mentir », a-t-il dit. Impliquant du même coup que tous les présidents avant lui l’ont fait délibéremment.

Cré Sarko. Faudra m’expliquer.

Impressionnée, je le suis aussi par moi-même. Depuis quelques jours, je remplace un DG. Je me suis glissée dans le rôle comme si j’avais fait ça toute ma vie, et honnêtement, je me sens revivre. J’aime quand ça bouge, quand il faut analyser rapidement, décider au meilleur de sa connaissance et assumer la décision. Ça ne durera pas éternellement, mais c’est suffisant pour me remettre bien en selle. Je suis épuisée, mais dans ma tête, y’a un grand vent de renouveau qui s’est levé et qui n’est pas prêt de s’éteindre.

Watch out, I’m back.


Merveilleuse merveille, en compagnie d’une petite copine, arrive en courant dans le salon. Confortablement installée sur mon moelleux divan de cuir, munie de mon cadeau de Noël (un mignon portable, gracieuseté de Mammouth!), je les écoute d’une oreille tout en poursuivant ma lecture de mes blogues favoris.

« Viens voir, copine, je vais te montrer des CD de l’ancien temps » dit merveille, en se dirigeant vers le meuble audio. « Regarde, c’est vraiment des CD de l’ancien temps! » qu’elle proclame, en brandissant un 45 tours de Michel Pagliaro. « Et regarde, y’a des plus gros CD », réplique la copine en lui montrant la pile de 33 tours qui accumulent la poussière.

Une seule réplique. Des CD de l’ancien temps. Me voilà vieille…ou technologiquement dépassée. Prochaine étape, elle me demandera si mon premier animal domestique étant un dinosaure…


Vous me connaissez, je ne parle jamais de politique. Ou si peu. Et jamais sérieusement. Ou si peu. Et aujourd’hui ne fera pas exception à la règle. Ou si peu.

En écoutant les nouvelles hier, au sujet des caucus de l’Iowa, deux pensées me sont venus à l’esprit: Obama est un « assassinat en attente d’arriver » et les américains, malgré leurs beaux discours, ne sont pas encore prêts pour une femme présidente, fusse-t-elle aussi douée qu’Hilary Clinton.

Avant que vous montiez sur vos grands chevaux, non je ne suis pas raciste. Mais je ne peux m’empêcher de penser que quelque part, au fond d’un état du Sud, y’a un illuminé qui doit se dire qu’un président noir – en fait mulâtre- ça ne se peut pas. Déjà qu’on le compare à John F. Kennedy pour la fraîcheur de ses idées et sa volonté d’être le candidat de « l’Amérique réconciliée avec elle-même », c’est comme de mettre en place tous les éléments pour un « remake » de Dallas – et je ne parle de pas de J.R. Ewing!. Loin de moi l’idée de vouloir qu’il lui arrive quelque chose, mais j’ai un drôle de feeling. L’ennemi, ce ne sont pas les méchants talibans. L’ennemi, il est souvent à l’intérieur.

Et puis qu’Hilary finisse 3e, ça me dépasse. Ou plutôt non. La majorité des déléguées des caucus en Iowa sont des femmes, alors ça ne devrait pas me surprendre: là encore, l’ennemi est à l’intérieur. Les femmes sont beaucoup plus dures envers elles-mêmes. Pis non, tirez-moi pas de roches! La so-so-so lidarité féminine, en politique, c’est le dernier tabou. La politique, c’est encore un terreau fertile pour le mâle dominant et les poulettes qui cherchent à s’attirer ses faveurs…

Et puis, voulez-vous bien me dire ce que Scotland Yard pourra découvrir de plus dans l’assassinat de madame Bhutto que l’on ait déjà vu à la télé mille fois? Non, faites plutôt venir Miss Marple. Ou alors déclarez tout de suite que le coupable est le colonel Moutarde, avec le wrench dans la bibliothèque… Je sais, trop de tourtières ramolli le cerveau… ’scusez-la!

 


214 commentaires plus tard
2 janvier, 2008

Je ne comprends toujours pas. Et au fond, c’est pas tellement important que je comprenne. Je constate.

De kossé, vous dites-vous? De kossé qu’à cause, la dame? Des commentaires faisant suite au papier de Patrick Lagacé sur le dernier Bye Bye de RBO. Fasçinant. Année après année, peu importe qui fait le bye bye, on dirait qu’entre le 26 décembre et le 5 janvier, c’est devenu notre sport national. Avant, on se questionne: parleront-ils de? Oseront-ils rire de? Et si ils ne parlaient pas de? Après, on commente: c’était bon, c’était pas bon, tel sketch était pourri. Partout, sur toutes les tribunes: radio (même à la très sérieuse Première chaîne cet après-midi!), télé, journaux, internet, on commente à qui mieux mieux. Ce sera, après les traditionnels voeux de bonne année, le premier sujet de conversation avec les collègues: « pis, as-tu écouté? As-tu aimé ça? Ouais, moi aussi j’ai ben ri. Ouais, moi aussi j’aurais aimé ça qu’ils rient des cheveux du fils de Céééééééline. Ouais, moi non plus j’ai pas trouvé ça ben drôle le bout sur l’actualité internationale. Ouais, moi aussi je les ai trouvé niaiseux de… ».

Pour reprendre un thème à la mode, c’est presque devenu identitaire, comme débat. Il y a les « nous », ceux qui ont aimé ça, ceux qui se sont reconnus dans ce genre d’humour, ceux qui trouvent que c’était LA meilleure édition de tous les temps. Et les « eux-autres », qui n’ont pas aimé, qui n’ont pas apprécié ce type d’humour, ceux qui ont trouvé qu’en dépit de l’excellence des maquillages et autres effets techniques, le texte était parfois bien mince et le propos encore plus, ceux qui se souviennent avec nostalgie du Bye Bye ‘70 avec l’incomparable Olivier Guimond en soldat.

Moi? J’ai préféré Jean-René.



 

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