Les chroniques du patio
Archives de août, 2006
31 août, 2006
Depuis hier, j’ai une colère sourde qui m’habite. Et de grands questionnements. Sur le droit à l’information. Sur la course aux « scoops ». Sur ce qui pousse des jeunes de 14 ans à faire un pacte de suicide. Sur ce qui pousse un journaliste à dévoiler qu’un député s’est probablement suicidé.
J’en rage.
Suis-je plus sensible parce que je connaissais le député et que ça ne fait pas de sens? Peut-être. Probablement. Mais je ne comprends pas pourquoi LCN et Claude Poirier se sont sentis autorisés à divulguer une information qui peut être interprétée de tant de façons. Le droit à l’information du public? Et celui de sa famille à vivre sans cette tempête lui? Déjà que j’imagine que nombreux étaient ceux qui voulaient aller rendre un dernier hommage à Benoît, mais là, si j’étais sa conjointe, je me demanderais qui est là par affection, par respect ou qui y est simplement pour satisfaire une curiosité morbide. J’entends déjà les chuchotements sur les possibles « explications »…
Perdre un conjoint, un papa, un fils, c’est déjà difficile à vivre. Le perdre sous les feux des projecteurs parce qu’on est connu, ça l’est encore plus. Mais vivre son deuil dans la suspiscion publique, c’est odieux. So what s’il s’est suicidé? Était-il d’intérêt public que d’en parler maintenant????? Parce qu’il était une personnalité publique? Une de nos grandes forces, ici, c’était – et j’utilise le terme au passé sciemment – qu’on a toujours réussi à garder presqu’étanche la vie publique de la vie privée de nos politiciens. Plus maintenant. Et je trouve ça d’un triste.
Tout comme je trouve d’un triste que deux jeunes pensent que la seule issue est la mort. Et ça me fait peur. Pour ma merveilleuse merveille, mais aussi pour les enfants de Mammouth. Ce sont de beaux enfants, équilibrés, qui aiment la vie. Et pourtant, c’est tellement fragile, l’amour de la vie. Ça me questionne sur ce que nous, comme parents, nous offrons à nos enfants. A force de leur faciliter les choses, en faisons-nous des êtres incapables de passer par-dessus la moindre contrariété? Comprenons-nous bien: je ne blâme pas les parents d’enfants qui se suicident, loin de là. Ils sont souvent les derniers à comprendre le geste.
C’est comme société que nous sommes malades. Collectivement.
30 août, 2006
et bien me revoilou! en plein décalage horaire mais heureuse quand même de rentrer chez moi, heu chez nous (je suis au Québec tout de même!).
Le voyage fut long, lever à 5 heures du mat (et non je n’ai pas de frissons – ndlr : en référence à une célèbre chanson du vieux continent), 1 heure 30 de route, 3 heures d’attente à courir après ma progéniture dans l’aéroport de Marseille en essayant de faire comprendre à Canard joli qu’il ne faut pas faire copine avec Môssieu le douanier qui grâce à son métier ne sait pas sourire, 8 heures 30 de vol à expliquer 2 000 fois qu’on va finir par finir d’arriver, un dernier sourire à un autre Môssieur le douanier qui tient lui non plus ne sait pas sourire, fâchement fort le mec car mes 2 moussaillons sont craquants avec leur bronzage à faire pâlir de jalousie Miss Claudia Schiffer de retour de la Barbade, et puis encore 3 heures de route avant, enfin, de regagner son home sweet home.
Il est 22h30 ici, 4 heures du mat dans mon corps et je vais me coucher car je bosse demain. Cinq semaines de vacances idylliques auxquelles je vais rêver en me lovant dans les bras de Morphée.
Marie-Josée, Mammouth et Merveille, vous m’avez manqué et j’ai souvent pensé à vous en regardant mes 2 loustics faire des pâtés de sable et des galipettes dans l’eau (dit-elle en baillant aux corneilles à s’en décrocher la mâchoire).
J’ai fait le plein de souvenirs merveilleux mais c’est la première fois que je sais que je suis rentrée chez moi. Ma vie est ici et bien ici.
À plus…
30 août, 2006
Vous vous souvenez de l’annonce – probablement pour un colorant capillaire quelconque – dans laquelle une magnifique comédienne – si ma mémoire est bonne, Andy McDowell – disait en substance qu’elle voulait bien vieillir, mais vieillir en beauté?
Malgré 25 livres en moins, malgré une nouvelle tête, malgré que dans cette tête j’ai l’impression d’avoir juste 12 ans, je dois me rendre à l’évidence ce matin. Je vieillis. Ma tête refuse, mais mon corps m’abandonne. Traiteusement.
Déjà, avec le retour du temps plus frais, y’a le genou qui a des réticences le matin dans l’escalier. Bon, quand je serai plus légère d’un autre 50 livres, ça lui donnera une chance. Puis y’a la peau autour des yeux, là. Légèrement fanée, je dirais. Pas encore la catastrophe, on est pas à la veille d’appeler le chirurgien pour la totale, m’enfin… Mettons que le prochain petit pot de crème à face devra comporter une mention sur la réduction des ridules et autres plis.Mais mon waterloo, c’est ce matin que je l’ai frappé. Ça fait des mois que je nies l’évidence. D’abord d’un haussement d’épaule. Puis avec un petit geste de la main – savez, le geste élégant d’une belle du sud chassant délicatement une mouche inopportune? Mais là, je ne peux plus l’ignorer.
JE NE SUIS PLUS CAPABLE DE LIRE LES INSTRUCTIONS SUR LES BOUTEILLES! JE SUIS DEVENUE PRESBYTE!!!!!
Les rallonges de bras n’auront aucun effet dans mon cas. C’est la p’tite lunette suspendue sur le bout du nez qui m’attend à mon prochain rendez-vous chez l’opto. Non, n’essayez pas de me consoler en me disant que c’est sexy, les lunettes. Ça l’est si on s’appelle Andy McDowell, peut-être. Moi, je me suis battue toute ma vie pour porter des verres de contact…
Je sais. Y’a des drames humains pires que ça. Ça mérite une entrée sur mon blogue, mais pas que je traine une face de mi-carême dans la maison toute la journée. Pis les faces de mi-carêmes, ça fait des plis dans le front… Décidemment, on en sort pas!
29 août, 2006
Ma merveilleuse merveille a repris le chemin de la gardo. Mammouth a des rencontres à l’extérieur. Dehors, il fait un temps d’automne.
J’ai plein de projets, de nicnacs à faire et je reste là, à siroter mon café et à lire des blogues. Là, je me demande si j’irai pas écouter la télé… Et si c’était MA première journée de vacances à moi, hein?
28 août, 2006
Je viens de voir aux nouvelles que le député de Repentigny, Benoît Sauvageau, est décédé ce matin d’un accident bête de la route. J’ai fermé les yeux et j’ai revu Benoît…
Non, nous n’étions pas des intimes. Nous avons cependant, chacun de notre côté de la « barrière » travaillé ensemble sur un dossier d’immigration, il y a quelques années. Nous avions convenu que nous ne voulions pas faire de petite politique sur le dos d’êtres humains qui vivaient alors un drame. Benoit et moi avons cherché des solutions, dans le respect de nos contraintes respectives et nous avons réussi. Il aurait pu s’attribuer tout le crédit, dire que grâce à lui, ces gens pourraient revenir s’établir au Québec, que ça prouvait l’utilité de sa formation politique à Ottawa. Non. Il a tout simplement dit qu’il était heureux que le dossier se règle, avec la collaboration de la ministre responsable du temps. Pas sûre que son chef avait apprécié, m’enfin…
Il n’était pas bien vu à l’époque de « traverser » les barrières à Ottawa.C’était, et c’est probablement encore vu, comme fraterniser avec l’ennemi. Or, j’ai un souvenir vivace d’une conversation téléphonique, un vendredi très tard en après-midi. Je lui disais que bien que nous étions partagés sur l’avenir du Québec, j’avais néanmoins – et j’ai toujours – un énorme respect pour les gens qui ont le « guts » de mettre leur visage sur un poteau pendant une campagne électorale. Peu importe la couleur du parti. Benoît m’avait alors fait un vibrant plaidoyer sur la nécessité pour notre génération (nous sommes du même âge) de s’impliquer et de faire bouger les choses. J’avais conclu en riant que décidément, je n’avais pas l’abnégation nécessaire. Benoît a été un des derniers à qui j’ai parlé quand j’ai quitté le monde politique, et il m’a simplement dit qu’une fois mon « trip de maternité passé », j’y reviendrais, puisque j’avais « ça » dans le sang… T’avais tort, mon vieux! Plus ça va, et moins j’ai envie d’y retourner, dans ce milieu.
Était-il un bon député? Probablement, puisqu’il a été réélu sans mal depuis 1993. Et il l’aurait été sans aucun doute à la prochaine. Mais là, maintenant, je pense à sa conjointe et à ses quatre enfants. La vie politique est dure, très dure. Elle retient loin de la famille des hommes et des femmes qui ont choisi de se mettre au service des autres. Surtout quand on sait au départ qu’on ne formera jamais le gouvernement, qu’on ne sera toujours qu’un « humble député de l’opposition ». Auront-ils des regrets de ne pas avoir pu profiter plus d’un conjoint et d’un père? Seront-ils fiers, au contraire, qu’il ait donné 13 ans de sa vie au service public? Les politiciens sont l’objet de tant de mépris…
Au cours des prochains jours, parce que la nature humaine est ainsi faite et que les morts sont toujours plus fins que les vivants, Benoît fera l’objet d’éloges. Je souhaite seulement que sa famille puisse y puiser un réconfort durable
Salut Benoît!
27 août, 2006
Je fais le tour de mes lectures préférées… personne n’a rien écrit de la journée. C’est vrai que si ce n’était des enfants, j’aurais passé la journée couchée à écouter la pluie tomber sur l’arbre devant la fenêtre…
Ça doit être pour ça qu’on dit « ennuyant comme un jour de pluie »… ou est-ce « ennuyant comme un jour sans pain »?????
26 août, 2006
La musique classique me laisse plutôt froide. Sauf quand c’est Edgar Fruitier qui en parle. Mais Edgar, quand il me parle, il pourrait me réciter le bottin téléphonique de Repentigny que je le trouverais génial.
Mais à lire la Presse de ce matin, j’ai de soudaines envies de m’abonner à l’OSM…Ce qu’il est sexy, le monsieur…
Mise à jour pour les fans… A lire également, le papier de l’Actualité… *soupir*…
25 août, 2006
Picture this, comme disait Sofia… Vendredi matin, 9h30… Une vacancière en guoguette qui abandonne mammouth et enfants (et zenfants, il y avait, puisque c’est notre jour de garde – 6, incluant les nôtres… 6!) et qui met les voiles.
Premier arrêt: le gaz. Parce que c’est bien beau vouloir s’évader, mais à pied, ou pire encore en panne sèche sur le bord de la 640, vous avouerez que ça fait pikpik… Ça vous calme les ardeurs, parzemple: au prix du litre, pas question de s’évader ben loin.
Là, grand moment de réflexion: à droite ou à gauche? Ça a l’air anodin, comme ça, mais la question est fondamentale. Si je tourne à gauche, et que le bonheur est à droite, je le manque. Si je tourne à droite et que l’avenir est à gauche, je me goure. Fondamentalement, en bonne québécoise, c’est pas l’envie de rester à la même place qui manque. Vive le centre, après tout… Mais non, l’aventure m’appelle. A gauche (écoutons notre inclinaison profonde) toute!
C’est ici que vous devez faire un effort d’imagination. Pensiez quand même pas que j’allais tout vous donner tout cru dans le bec, non? La paresse du lectorat, on pourrait écrire longtemps là-dessus, mais vous allez me faire le plaisir de faire mentir les statistiques et vous allez ré-flé-chir! Bon, c’est trop demander? Ok! Vous pouvez juste laisser vagabonder vos pensées… Voilà! C’est déjà mieux…
Ça fait quoi, d’après vous, une médame qui s’échappe de la maison et du bureau? YESSSSSSSSSSSSS! Ça va magasiner TOUTE SEULE! Pour ELLE! Ca se vautre dans les arrivages automnales, ça essait de la chaussure, ça s’admire la finesse de la cheville dans le talon haut… Ca tâte du lainage, ça flatte de la flanelle… Ca s’imagine le cardigan sur le bord du feu de foyer… Ca pousse des ah! des ho! des ishhh…. (en regardant les étiquettes)…
Et ça revient avec quoi?
Deux chandails pour la merveilleuse merveille, et le coffre plein d’épicerie…![]()
24 août, 2006
Ça vous arrive? Moi, depuis hier, j’en ai eu deux. Puissants à part ça. Non, je n’ai pas revu ma vie en accélérée. Non, je n’envisage pas d’abandonner homme et zenfants pour m’enfuir vers une nouvelle vie… Mais je sens que ma vie s’est enrichie et que mes horizons se sont un peu élargis.
J’ai d’abord eu un coup de foudre d’amitié. Deux belles folles, du talent à revendre (mettons qe je trouve que je fais pitié, mais je m’assume dans ma quasi-nullité…:-), une soirée à partager rires et confidences.Comme de vieilles copines. Non, n’insistez pas! Pas de noms! J’ai la fréquentation de la vedette modeste, mouâ!
Et puis, un coup de foudre de blogue. Pour un homme/papa rempli de tendresse. Que j’ajoute derechef à mes lectures quotidiennes.
23 août, 2006
Dis donc, tu te la coules douce? Donne-nous des nouvelles, on s’inquiète, nous!
22 août, 2006
Faire de la route avec ma merveilleuse merveille est toujours une occasion d’en apprendre un peu plus sur ce qui la fascine, la trouble ou l’amuse. Le plus souvent qu’autrement, elle le fait en inventant des chansons. On me disait que le 4 ans correspondait au Fuck*** four. Nenni, braves gens. 4 ans, c’est la période Star Académie de votre progéniture, crises de diva incluses. Sur l’air de Petit Papa Noël, j’ai appris que l’éducatrice avait encore un rendez-vous chez le doc, que le grand méchant loup n’était pas si méchant que ça finalement et qu’elle souhaitait avoir un gâteau au chocolat pour sa fête.
C’est aussi le moment privilégié pour moi de lui expliquer les choses à venir, public captif qu’elle est. Ce midi, en allant faire un picnic (gens de Laval, ayez pitié d’une pauvre saguenéenne perdue loin de son Arvida natal: comment on fait pour se rendre au foutu Centre de la nature???????) j’indique à ma merveilleuse merveille que bientôt, nous irons voir son pédiatre pour son examen annuel et qu’elle aura un vaccin. Traduit poliment, sa réponse sonnait comme « Over my dead body, mom! » Je lui explique patiemment, (tout en cherchant du regard une quelconque indication pour le foutu Centre de la nature) que le vaccin est nécessaire pour entrer à l’école, elle qui a tant hâte d’y aller et que sa petite copine K, assise à côté d’elle, a eu le vaccin et n’en est pas morte. Même réponse, un ton plus aigu. À laquelle elle ajoute que si ça prend une piqure pour aller à l’école, ben elle n’ira pas à l’école. Point final.
Demandez-moi pas pourquoi (au fond je le sais, chercher le foutu Centre de la nature m’a mise en beau joulvert, et je déraille complètement!) je lui demande ce qu’elle compte faire dans la vie avec une maternelle même pas entamée (as if she cared!!!)
« Je ferai comme papa, je travaillerai à la maison! »
Mammouth est très fier de sa progéniture!
Finalement, faire un picnic au Centre d’interprétation de la Rivière des Milles-Iles, c’est tout aussi génial.
22 août, 2006
J’ai mis au monde une vrâ fille. Une girlie girl. Une pitoune en devenir. Et j’en viens à la conclusion, après mûres réflexions (2 minutes, le cerveau à high!) que c’est certainement génétique. Inné et non appris. Sinon, comment expliquer qu’elle sait d’instinct qu’il faut souffler sur ses ongles après avoir appliquer le vernis pour qu’il sèche plus vite? Elle a pas appris ça de moi, juré craché!
Moi, j’ai compris qu’il vendait un petit truc transparent qui, une fois appliqué, vous garantie un vernis qui ne jaunit ni ne s’écaille pendant 2 semaines (ben quoi, si on peut pas se fier sur le texte écrit sur la minuscule bouteille, à qui on peut se fier, hein!). Tout ça pour dire que si génétiquement elle est une fille, un mystère persiste: de qui a-t-elle appris à mettre des bas DANS ses sandales????? Ça doit être un ancêtre du côté de mammouth…
21 août, 2006
Dans quelques heures, ma merveilleuse merveille et moi serons en route pour retrouver Mammouth à Québec, avant de rentrer à la maison. C’est bien beau les vacances, et ça m’a fait un bien immense de me faire gâter par ma maman (quoiqu’en présence de merveille, c’est à peine si elle se souvient de mon nom, m’enfin…).
Mais j’ai hâte de retrouver ma maison, mon lit, mon mammouth… Allez, on se revoit à la maison!
20 août, 2006
A 44 ans,je me donne le droit de dire tout haut ce que je me dis tout bas depuis des années. Sérieusement, qu’avons-nous gagné à travers nos batailles féministes? Le droit d’en faire plus? Le droit de se battre pour prouver que nous sommes égales aux hommes? Le droit de toujours prouver que nous sommes à la bonne place ailleurs que dans nos chaumières?
Je pense depuis longtemps que nous nous sommes piégées nous-mêmes, et que nous faisons la partie belle à ces messieurs. J’ai pas envie de jeter la pierre à nos hommes qui, malgré leurs qualités, ont vite compris que c’était dans leur intérêt. Plus besoin d’être galant (tu veux l’ouvrir, ta porte? Ben ouvre-là!) plus besoin d’avoir le gros salaire ( le « double income » c’est ben pratique), même plus besoin d’être responsable de notre plaisir (et vive Georges!). Avons-nous abaissé nos attentes face à eux? Bien sûr, farcies que nous avons été du discours des féministes qui nous ont précédées et qui nous ont rabattu les oreilles avec les faits qu’il ne fallait s’attendre à rien des « maudizommes ».
Et nous avons pris le sort du monde sur nos épaules, pendant que les gars continuaient d’être des gars. Mêlés, peut-être, face à nos attentes exigentes et changeantes. Mais des gars pareils. Le partage des tâches? Un peu. Les enfants? Pour certains, dont Mammouth, tout à fait. Mais ils sont une infime minorité à vraiment s’investir dans leurs enfants, et les « fathers-for-justice! » de ce monde ne m’émeuvent pas.
Et nous continuons à essayer de faire reculer les limites. Mais les limites de quoi, dieu du Ciel? Nos propres limites? On veut être belles, fines, désirables et jeunes même à 50 ans. On veut être la maman ET la putain. On veut avoir de belles jobs, ne jamais rater un rendez-vous professionnel, même quand merveille a la fièvre et que c’est pleine de culpabilité de mère-ayant-abandonné-son-enfant qu’on s’y pointe. Et on veut surtout pouvoir continuer à chialer après les maudizommes parce qu’ils ne sont pas à la hauteur. Mais à la hauteur de quoi? De qui?
J’ai longtemps travaillé dans un milieu traditionnellement mâle et macho. Pourtant, je n’ai jamais joué le rôle de la midinette (soyons honnête, j’ai jamais eu le physique de l’emploi), ni celui de la femme forte. J’ai essayé d’être moi, juste moi, seulement moi. Oui, ça m’a fait ch*** royalement de réaliser que des collègues moins scolarisés que moi gagnaient 2 fois mon salaire pour la même expérience de travail. Oui, ça m’a fait ch*** royalement de me faire refuser une augmentation parce que mon salaire était soi-disant un « salaire d’appoint » (à qui, par exemple, on me l’a jamais dit. Considérant que j’étais célibataire, devais-je en conclure que mon salaire était un salaire d’appoint à la société???). Mais j’ai aussi réalisé que mon pire problème n’était pas la gang de machos qui m’entourait, mais moi-même qui acceptait de travailler plus fort, sous prétexte de « leur » montrer.
Et que les féministres, les pures et dures, ne me crient pas de noms! Oui, je reconnais que de dures batailles ont été livrées et gagnées. Oui, merci pour le droit à l’avortement et les quelques plafonds de verre que vous avez réussi à soulever. Oui, grâce à vous, à vos mères, je peux voter et j’ai pu choisir ma profession. Mais à cause de vous, à cause de cet héritage, je n’ai plus le droit au repos de la guerrière? Doit-on refaire inlassablement le débat entre les femmes au travail et les femmes au foyer (comme si choisir de rester à la maison n’était pas un travail…soupir…).
J’espère juste que je pourrai inculquer à ma merveilleuse merveille que d’être une femme, c’est pas être une battante à tout prix, et qu’au fond, la seule bataille qui en vaut la peine, c’est celle de rester parfaitement intègre face à soi-même.
18 août, 2006
Et je m’assume, en plus!
Fernand n’est plus. Et ça me fait un pincement au coeur. « Donnez-moi des roses » restera pour moi un classique. Gignac fait partie de ces chanteurs/comédiens qu’on a ou aurait dû redécouvrir, au même titre que Claude Blanchard.
Et il faut l’avoir vu en show dans une salle paroissiale remplie à craquer de dames d’un âge certain pour comprendre la définition de « l’amour du public ». Une grande générosité et un amour sincère du métier, une gentillesse peu commune. Un grand monsieur. Un bon monsieur. Un homme qu’on aurait voulu avoir pour beau-père, tiens.
Je sais, ce n’est pas la tragédie du Liban, ni même les deuils intimes et privés que nous vivons tous. Mais pour moi, c’est une autre page de mon grand livre personnel qui se tourne. Et j’assume.
Mise à jour: Fallait-il que j’en parle? Claude Blanchard est décédé également ce matin. Dure semaine pour le milieu artistique montréalais…
18 août, 2006
Pour moi, chaque étape de ma vie, chaque changement de cap a toujours été accompagné d’un changement de tête. Depuis la naissance de ma merveilleuse merveille, j’avais la même coupe (enfin, la même absence de coupe) et sensiblement la même couleur.
Or, en reprenant le contrôle sur mon alimentation, en « finalisant » finalement mon avenir professionnel, et en prenant une pause de 3 semaines, j’ai senti le besoin de faire le point. Donc, direction salon de coiffure ce matin.
Résultat: Mammouth a une toute nouvelle blonde (enfin, une brune à flamèches…)! Mais rassurez-vous. Le méchant pétard que je suis en train de devenir n’a surtout pas l’intention de jeter son mammouth par-dessus bord! Ma famille, c’est mon ancre, et mon encre. J’ai besoin de mammouth et j’ai besoin des enfants. Je le dis sans fausse pudeur. C’est pas très in de dire qu’on a besoin des autres, mais après des années à prétendre que je pouvais m’auto-suffire, j’ai finalement réalisé que mon bonheur réside dans mon noyau familial, et dans la famille élargie que nous nous sommes constituée et qu’au fil des jours de nouveaux amis viennent enrichir.
Quoique… suffirait que Richard Séguin me dise, en me regardant droit dans les yeux, que la terre est une planète pour que je lève l’ancre…:-) *ben quoi, une pétard en devenir a le droit de fantasmer, non???*
Quand à ma merveilleuse merveille, tout ce qu’elle a trouvé à dire c’est « Wow maman! Moi aussi je veux aller chez la coiffeuse! » J’en conclu que ça lui plait!
17 août, 2006
de kossé, cher? Seriez-vous déménagé aussi, poste restante? Ou si c’est mon nordino qui fait des frees games et qui vous envoie aux abonnés absents de blogger?
Vous me manquez, à moi!
15 août, 2006
Demain, ma merveilleuse merveille et moi entamerons ce qui est en voie de devenir un pélerinage annuel chez grand-maman, au Saguenay. Et en train, à part ça.
10 heures de train. À condition qu’il fasse beau. Qu’il n’y ait aucun pépin. Que le train ne déraille pas. Qu’un groupe scout n’ait pas envie de « crisser là » l’expédition en portage en plein milieu de la forêt mauricienne et fasse arrêter la grosse machine à la dernière minute (non, je n’invente rien! C’est du vécu, les zamis!) Autrement, on sait quand on part, mais on ne sait pas quand on arrive! Et puis quoi, vacances doit rimer avec aventure! (tout confort, on s’entend. Des toilettes. Un wagon-restaurant. Des sièges confortables et du personnel stylé.)![]()
Et puis le train, c’est merveilleux pour voir du paysage. Un arbre. Deux arbres. « oh! t’as vu, ma chérie, un bouleau! » s’exclame-t-on joyeusement dans la première heure, une fois sortis de Mourial. Après 10 heures, 4 zillions d’arbres, quelques milliers de lacs, ça sonne plus comme « je sais, je sais! Encore un arbre, taboire! Môman veut voir une tour à bureau, elle! Elle veut sa dose de smog! »
Et on rencontre plein de gens sympatiques, dans le train. Tiens, l’an dernier, ma merveilleuse merveille de 3 ans s’est fait plein de grands-mamans et de grands-papas dans le train. Tout le monde voulait l’adopter. 5 minutes. Et c’est fou comme de provoquer une file à la toilette parce que merveilleuse merveille est fascinée par le mécanisme qui permet d’évacuer le contenu du gros bol en stainless steel (pas de toilette en porcelaine, chez Via! Nennon: du stainless steel. A quoi servent vos taxes, chers contribuables, hein???) fait de vous une personne à qui tout le monde veut parler…
Pourquoi est-ce que je m’inflige cette torture? Parce que j’adore! Et parce que j’ai besoin de créer des traditions, des souvenirs avec ma fille qui seront autant de points d’ancrage lorsque les tempêtes arriveront. Elle est bien petite, mais elle se souvient avec précision du voyage de l’an dernier. Alors ça vaut le coup. Ce soir, elle est excitée comme une punaise. Et moi aussi.
Bon, c’est pas tout, ça! Faut finir les bagages et se coucher à une heure raisonnable, si on veut avoir l’énergie pour affronter l’aventure!
Je vous laisse mammouth. Prenez-en soin. On sait jamais, un mammouth tout seul, peut-être que ça s’ennuie…
15 août, 2006
Deuxième jour de vacances. On fait des progrès: me suis levée à 7h10! (bon, j’ai fait de la pitourne de 2 à 4 cette nuit pendant que mammouth repeignait le patio et faisait un « miracle grow » dans les plantes (me suis couchée, il y avait un joli brin d’herbe, je me réveille au jardin botanique! Après ça, on me dira que la technologie ne fait pas de miracle!!!)
Bon, il est 9h00, les lits des enfants sont changés, la deuxième brassée vient de partir, et je m’apprête à passer la balayeuse.
Je m’améliore, non, dans la relaxation?
14 août, 2006
.. je m’étais pourtant jurée de ne pas l’écouter. Et puis je m’étais jurée de ne pas en parler. Mais c’est plus fort que moi – et puis ça ouvrait tous les bulletins de nouvelles. Le discours d’André Boisclair… fiou!
Tiens, j’vais réécouter un épisode du Clan Beaulieu, moi…