la cloche a sonné

Rentrée scolaire, hier, pour merveilleuse merveille. Enrhumée et fiévreuse, un brin grognonne, elle s’est levée plus tôt que nous, a fait un dernier bricolage, s’est habillée et coiffée et est venue me réveiller pour me dire de me dépêcher. Comme nous partageons presque tout, j’avais moi aussi passé le weekend couchée, fiévreuse et j’étais grognonne itou… après tout, pourquoi je me lèverais, hein? Je suis en vacances, moûa!

Il y a quelque chose de rassurant, je trouve, aux rituels de la rentrée. Revoir les frimousses familières des enfants excités, constater que certains ont pris 6 pouces dans l’été,  que nos petites filles ont de plus en plus l’air de pré-ado, retrouver les profs et les éducatrices, sans compter l’indispensable madame Florence. Reconnaître des visages de parents soulagés – on les aime, nos enfants, mais la rentrée, c’est presque synonymes de vacances pour les parents!, prendre des nouvelles des uns et des autres. Voir nos petits entrer dans l’école lentement, sans se retourner, et lire sur le visage des mamans d’enfants de maternelle l’angoisse qui vous habitait il n’y a pas si longtemps. Et revenir lentement à la maison pour savourer une magnifique journée d’été, seule avec son café, sans se presser.

Vous me connaissez, je ne parle jamais politique. Ou si peu. Mais je vous mentirais dire que je ne suis pas assiduement LA commission. Et si je garde pour moi mes commentaires, je n’en pense pas moins que. Ouais. Comme vous le dites.

Pour la classe politique, c’est aussi la cloche de la rentrée qui sonne. Mais contrairement à la rentrée scolaire, je n’y trouve rien de rassurant cette année. Je ne sais plus si j’ai encore la foi que les choses puissent se replacer, que nous pouvons comme société avoir des débats sereins, ou s’il faut s’enfoncer encore plus avant de pouvoir remonter.

Chose certaines, en lisant les commentaires sur les blogues, les twits et autres médias « citoyens », j’en suis à me dire que de plus en plus, nous avons les politiciens qu’on mérite. Quant on juge, condamne et/ou canonise des individus en 140 caractères, ça ne peut forcément qu’être réducteur. Il n’y a plus de place pour le recul, la réflexion ou le jugement. C’est peut-être sain pour la démocratie, mais l’est-ce pour la vérité? J’ai toujours cru, profondément, que l’information est à la base de la démocratie. Les « réseaux sociaux », est-ce de l’information? Ou du vacarme, du tamtam, du « much ado about nothing »?

Il y a une réflexion à faire sur l’utilisation des réseaux sociaux et la politique. Mais je ne suis toujours pas convaincue qu’on la fasse en partant sur les bonnes prémisses.

Je vous laisse, j’ai une piscine à nettoyer, des vêtements à étendre sur la corde, un polar à terminer et une commission à écouter. Dieu merci, c’est les vacances!

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Ce soir…

Le soleil est oranger. La lumière inonde la chambre de merveilleuse merveille, lui donnant des reflets d’une statuette inca. Mince, fatiguée mais heureuse de sa journée de cheerleading.
Ce soir, il ne reste que 4 dodos avant les vacances.

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Futilités, banalités, finalités.

Fidèles lecteurs (enfin, les 3 ou 4 qui me restent!), je vous ai délaissés. Je l’admets. Et je n’ai aucune bonne raison, si ce n’est que le goût d’écrire n’y était plus. Enfin, le goût d’écrire le quotidien. Parce que je me censure énormément.

J’ai pas envie de vous raconter le travail, de peur que quelqu’un me lise. Pas envie de commenter la politique, parce que j’ai choisi de ne pas contribuer au cynisme ambiant. Pas envie de vous parler des finesses de merveilleuse merveille, parce qu’au fond, ses finesses ne le sont qu’à mes yeux de mouman. Je me suis même dit que je ne m’inscrirais pas à la journée des blogueuses, organisée par Mammamia, et à laquelle ma voisine préférée participera à titre de conférencière. Pas par manque d’intérêt, non. Mais parce que je ne me considère plus comme une blogueuse, et que je me serais sentie coupable de prendre la place de quelqu’une qui a le feu sacré.

Mais invariablement, août me ramène au clavier. D’abord pour laisser une trace de l’anniversaire de ma merveilleuse merveille. Johanne a raison, c’est un cadeau pour elle, tous ces mots sur la toile. Et puis parce que août est aussi teinté d’une certaine tristesse. Dans quelques jours, ça fera 17 ans qu’il est parti. Et qu’écrire est encore le meilleur moyen pour chasser ce trop plein d’émotions.

Août a une odeur, une couleur et une saveur particulières. L’odeur des fleurs qui commencent légèrement à faner, dans cet été anormalement sec. L’odeur aussi de la mer, des vacances dont nous arrivons sur le bord du fleuve, ou nous avons partagé une magnifique maison à Métis-sur-Mer avec des amis. Une maisonnée pleine d’enfants, de rires, de pleurs, de cris, de rappels à l’ordre (on ne court pas dans les escaliers!) et d’apéros partagés.

La couleur du soleil qui disparait plus tôt, le vert un peu plus pâle des arbres, mais aussi les couleurs flamboyantes des fleurs et des étals des marchands de fruits et légumes. La couleur d’une nuit sans nuages, avec un ciel parsemé d’étoiles, filantes ou non. La dernière nuit à Métis, nous avons levé les enfants pour qu’ils viennent voir ce ciel magnifique. Il faisait froid, nous avons fait un cercle de chaleur, et jamais leçon d’astronomie n’a été aussi profitable. Même la Voie lactée nous a fait un salut!

Et le maïs, cet été, est particulièrement goûteux. Sucré, juteux, cuit à peine quelques minutes, c’est comme croquer dans le bonheur. Et quand on y rajoute des framboises cueillies chez la cousine, près de la ferme familiale des Mammouths, que les enfants ont les joues barbouillées de rouge et continuent à dire qu’ils n’en ont mangé qu’une, on ne peut que les croire. Sur parole.

Août a aussi des sons qui lui appartiennent en propre: les grillons, les soirées sur la terrasse des voisins, les cris lointain des joueurs de baseball au parc voisin, les annonces de la programmation automnale des chaînes télévisées. Les fournitures scolaires qu’on commence à rapailler,  le froissement des feuilles et les manuels qu’on recouvre de papier qui griche.

Cette version 2010 de mon mois préféré n’a pas failli à la tradition. Du bonheur – un nouvel emploi pour Mammouth -, de la tristesse – le décès bête et tragique d’un ancien collègue cette semaine, et des souvenirs à engranger pour les jours de froid et de grisaille. Bref, des futilités, des banalités et quelques finalités. Pas de quoi écrire un roman, mais certainement matière à dépasser le twitt et l’entrée sur FB. Et à lever un verre à la santé de la journée que nous venons de passer, en souhaitant qu’il y en ait tout plein d’autres.

Je souhaite retrouver tout le plaisir que j’avais à venir vous écrire, fidèles lecteurs. C’est pas encore tout à fait ça, mais ça pourrait être ça. Entretemps, permettez-moi de vous remercier de votre fidélité. Dommage que je ne sois pas une carte Air quelquechose: vous auriez accumulé des zillions de points bonis!

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Huit ans. Déjà 8 ans.

Demain, ma toute belle rebelle, tu auras 8 ans. Huit ans qu’à chaque matin, j’ouvre les yeux sur un monde différent, sur ton monde à toi, sur notre monde à nous. Huit ans que je m’émerveille d’être ta mère. Huit ans que je suis exaspérée parfois, au bout de mon souffle parfois, au bout de ma patience parfois, mais jamais au bout de mon amour pour toi.

Tu es ma merveilleuse merveille à moi. Tu m’as appris tellement, depuis cette journée de canicule d’août. Tu m’as d’abord appris la relativité: il n’y a rien de grave, sauf si ça t’arrive à toi, si ça t’affecte. Tu peux être insupportable, tu es en santé, tu es intelligente, brillante. Trop parfois. Tu m’as ensuite appris la reconnaissance et la gratitude: tu es en santé, tu es intelligente, nous avons une belle vie. Pas exempte d’angoisses ni de crises du quotidien, mais une belle vie. Un toit sur la tête, de la bouffe plein le frigo, des sorties et même des vacances en Gaspésie: que demander de plus, hein?

Oui, tu es différente. Pas toujours facile à gérer, pas encore totalement en contrôle de ton bouillant caractère et de ces émotions qui parfois t’emportent toute entière. En même temps, tu es câline, et rien ne peut remplacer ces moments ou tu viens blottir ton petit corps contre le mien, en murmurant « Maman, je t’aime ». Mais tu es surtout complexe et multiple: une pitoune tellement girly girl, qui est revenue de chez sa grand-maman avec un grand sac d’affaires de fille, les ongles d’orteil écarlate et ceux des doigts mauve pétant, qui se change 3 fois par jour et qui se peigne pendant de longues minutes devant le miroir, en pratiquant son sourire dévastateur; une sportive, future championne de gym, qui a découvert le cheerleading et le trampoline et qui rêve d’en faire un métier; une marsouine de piscine de banlieue qui a bravé le froid du St-Laurent pour se baigner comme les grands.

Je suis fière de toi. La semaine dernière, en voyage, tu t’es assise au resto et tu as lu le journal, en attendant le repas. J’en connais pas beaucoup, des beachbumettes de 8 ans, qui lisent le journal au resto. Et qui me réplique qu’on ne pourra pas aller à la plage d’Oka, parce qu’il y a des « tensions, maman ».

Je t’aime, ma toute belle rebelle. Même quand tu crois que tu as 16 ans et non 8. Même quand tu me défies du regard et que tu sors une réplique assassine, digne de « beautés désespérées ». Même quand je dois me retenir pour ne pas hurler moi aussi, ou pouffer de rire. Je sais que des années difficiles nous attendent, et qu’en bonnes filles de feu, toi et moi ferons des étincelles. Tu vivras ton adolescence, je vivrai ma ménopause, et ton pauvre père se cachera loin de nous! Nous nous affronterons, nous nous disputerons, tu me détesteras, je regretterai peut-être quelques secondes de m’être embarquée dans l’aventure de la maternité. Tu te réfugieras en pleurant chez ta meilleure amie, j’en ferai autant. Je sévirai, tu résisteras. Et j’espère qu’un jour, nous nous retrouverons, une fois la tempête passée, proches et complices.

Je t’aime parce que tu es ma fille. Et que malgré tout, envers et contre tout, je serai toujours ta mère.

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Quand la ville, que dis-je le Québec, est hockey… ou une fois n’est pas coutume

Je n’en suis pas à une confession près sur ce blogue. Et ce soir, dans un grand geste de transparence, je vais enfin confesser ce que peu de gens, qui pourtant me connaissent bien, savent.

Bon, je vous vois déjà saliver, prêts à me vendre au journal des écrapous en échange de quelques $$$. Z’allez être déçus… Je ne vous ai pas caché grand chose de mon passé politique, ce qui, par les temps qui courent, est plus que suspect. Hélas, pas d’enveloppe, ni brune ni autrement, dans ma vie. Vous savez aussi que Mammouth est le père de Merveilleuse merveille, et avec le caractère qu’elle a, nul besoin de test d’ADN pour prouver sa paternité. Donc, c’est pas du côté d’une vie sentimentale et/ou sexuelle débridée qu’il faut chercher. Vous ai-je déjà dit que il fût un temps ou j’étais sportive? Non? Mais c’est pourtant pas ce que j’ai réussi à cacher aussi longtemps… quoiqu’on pourrait toujours dire qu’avec ma silhouette, j’ai trouvé le camouflage parfait! Je vous ai aussi confié que je suis hyponcondriaque au dernier degré, voire même celui d’après. Donc, quel est donc ce grand secret que je camoufle depuis si longtemps?

Ouais. Z’aurez deviné. J’HAIS le hockey. Profondément. Viscéralement. Encore plus quand on parle du CH. En fait, j’aimais le hockey quand je l’écoutais avec mon père, du temps ou il n’y avait que 6 clubs dans la ligue. Du temps ou les joueurs étaient des vrais, avec des noms qu’on pouvait prononcer. Ha! La subtilité langagière d’un Yvon – j’ai mal à la laine – Lambert! Et puis, tant qu’à s’enfoncer dans l’opprobe générale… je suis une fidèle des bruns. Ouais, les bruns de Boston.

Je disais donc que j’hais le hockey. Mais je reconnais ses mérites: pendant que la ville, que dis-je la nation québécoise s’enflamme pour Halak, on oublie nos scandales politiques, on se formalise un peu des propos rétrogrades du Mgr, et on se dépêche de souper en famille pour se « gorrocher » devant le téléviseur.

Et puis, parlant de souper, et même si je ne suis pas une « vraie fan », je réponds à l’invitation lancée par deux blogueuses que j’aime beaucoup, Annie et Madeleine, et vous livre en exclusivité ma recette secrète pour endormir le partisan du CH.

Poulet au miel

Belles grosses poitrines de poulet (les « santés » les prendront sans la peau)
1/4 tasse de beurre non salé
1/4 tasse de miel
1 oignon haché mince
1/4 tasse de vin blanc, de bouillon de poulet ou d’eau
1 c à soupe de cari (en fait, au goût)
sel et poivre

Dans une casserole allant au four, faire fondre le beurre et y faire dorer les poitrines de poulet. Retirer les poitrines et réserver. Ajouter l’oignon, le miel et le cari et faire cuire une minute. Déglacer au vin blanc (ou autre liquide), remettre les poitrines, saler et poivrer et enfourner à 325, pendant 2 heures, en retournant les poitrines à mi-cuisson.

Servir avec du riz basmati aromatisé aux épices (Philippe de Vienne a « ze » recette parfaite: faire tremper votre riz 30 minutes à l’eau froide, puis faire cuire à grande eau en ajoutant un baton de canelle, quelques gousses de cardamome, quelques clous de girofle, une pincée de sel jusqu’à ce que le riz soit cuit, soit moins de 10 minutes. Égoutter et servir)., une salade verte et un légume de saison. Ça, c’est la version sage.

La version amateur de hockey se sert avec des frites bien grasses, et des mayonnaises aromatisées (cari, ail, ketchup, miel, etc…).

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Écoeurantite aigüe

Tannée des guignols, tous partis confondus, tous gouvernement confondus, qui font de l’esbrouffe, qui mentent, s’invectivent et finalement ne font pas ce pour quoi on les paye: travailler au bien de la collectivité.

Tannée des médias qui ne vérifient rien, publient n’importe quoi, s’érigent en juges et posent des jugements de valeur contribuant ainsi à la montée du cynisme de la population à l’égard de la chose publique.

Tannée du débat stérile et oiseux entre blogueurs/twitteurs/facebookeurs/journalistes sur le contenant et pas le contenu. Tannée qu’à chaque fois ça dégénère en chicanes de chapelles stériles, en guéguerre de clans. Mon média est meilleur que le tien, pis mon père est plus gros que le tien… *soupir*

Tannée du climat de méfiance alimenté par tout cela. Tannée qu’on ne fasse aucune nuance, qu’on juge sans connaître, qu’on monte en épingle des insignifiances et qu’on glorifie des crottés.

Tannée. Ben tannée. Tannée en O.S.T.I.E.

J’ai donné 20 ans de ma vie à la « chose » publique. J’ai milité 20 ans de ma vie dans un parti dont je partageais les valeurs. Je ne fais plus de politique depuis bientôt 10 ans, ce qui ne m’empêche pas de regarder le tout avec un oeil critique, connaissant les dessous. Suis-je fière de ce qui ce passe maintenant? Pantoute. Je suis loin, très loin, de donner l’absolution à mon ancienne famille politique. Mais j’essaie de faire la part des choses entre le vrai scandale et le jeu de boucanne, le show de chaises.

Je suis fonctionnaire depuis 8 ans. Pendez-moi haut et court, sans procès et sur la place publique: j’ai « bénéficié » de formations en lecture du non-verbal, en intelligence émotionnelle, mais aussi en gestion des RH, en gestion de ressources financières et tutti quanti. J’ai eu des réunions de travail dans des auberges en région. Pas des partys, des réunions de travail. Du gaspillage de temps, peut-être, de fonds publics, peut-être. C’était valorisé, dans les administrations publiques, de permettre aux employés et aux gestionnaires de parfaire leurs connaissances via ces formations. De l’abus?

C’est si facile de juger, assis dans son salon. C’est si facile de s’ériger en gardien des bonnes moeurs quand on a que soi à gérer. C’est si facile de gérer un pays quand on a pas à prendre de décision, qu’on a pas à les assumer. Madame Toutlemonde elle, elle sait ce qu’il faut faire, comment le faire, et le fera comme madame Blancheville, en javelisant les processus et les moeurs.

Je l’ai déjà dit et je le répète: la majorité des gens qui font de la politique y vont pour les bonnes raisons, par désir d’aider leur concitoyens. Notre système politique permet qu’un élu le demeure pendant des siècles et c’est là que le danger s’installe: on devient confortable, on prend ses aises, on recule les barrières. Devrions-nous avoir un système qui limite à deux mandats la possibilité de siéger? Devrait-on avoir un système qui fait en sorte que le financement des partis doit être étatique et équitable? J’en viens à penser que oui.

On a les politiciens qu’on mérite. Et ce n’est ni le désolant spectacle qu’on voit depuis des semaines, tant à Québec qu’à Ottawa, ni ce qu’on lit dans les journaux qui vont donner envie à des leaders d’aujourd’hui de plonger dans l’arène. J’ai tellement hâte de voter pour Madame Toutlemonde!

Tannée. En O.S.T.I.E.

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Tout va très bien, madame la Marquise…

Un seul printemps dans une année… une seule jeunesse dans une vie.

Simone de Beauvoir

Bon, je me fais rare, je sais. Mais les méchants microbes ont eu raison de moi: une infection dentaire, une grippe d’homme (comme j’ai été vaccinée contre la H1N1, j’en déduis que j’ai choppé la H2N2!), une infection urinaire… C’est peut-être bon pour la ligne, mais pour le moral, c’est l’enfer. Passer 5 jours au lit, être dépendante (quel horrible mot!!!!!) de la gentillesse de Mammouth, gérer ou plutôt essayer de gérer le bureau de la maison… Bref, c’était pas la joie. Mais en même temps, ce n’est rien en comparaison avec ce que d’autres vivent et je n’ai pas à me plaindre.

Il y a un an tout juste, j’étais à Disney en compagnie de Merveilleuse merveille et de ma maman. Aujourd’hui, je suis seule à la maison avec Mammouth, Merveilleuse passant la semaine chez sa grand-maman. C’est une période de grands changements: ma mère quittera bientôt sa maison pour un condo, et entre deux boîtes, elle et merveilleuse se refont des souvenirs pleins de larmes mais aussi gorgés de joies. La petite aide la grande à faire un certain deuil de sa vie dans cette maison, et participera cette semaine à l’achat de nouvelles choses pour la nouvelle maison de grand-maman. Pour ma mère, même s’il s’agit de sa décision et qu’elle la prend en toute connaissance de cause, c’est aussi tourner une page importante de sa vie, et faire un pas de plus en direction de l’étape ultime. Et pourtant, la maison restera la maison familiale, puisque c’est mon frère qui l’habitera désormais. Mais ce sera « chez parrain », et plus « chez grand-maman ». J’ai expliqué à Merveille qu’une maison, c’est plus que 4 murs et un toit (c’est aussi une sumpomp, hein, chéri!), mais que le plus important, ce sont les gens qui y habitent. Et les souvenirs.

Parlant de souvenirs, j’ai pris hier un lonnnnnnnnng café avec un très vieil ami que je n’avais pas revu depuis la naissance de merveille. Quel moment agréable. On s’est mis à jour sur nos vies, mais on a surtout renoué avec cette qualité de discussions que nous avons toujours eues. À une certaine époque, je m’imaginais très bien finir ma vie avec lui (il l’apprendra en lisant ce blog, et je le vois s’étouffer dans son thé!), mais si c’était arrivé, Merveille ne serait pas ici. Ça m’a confortée dans l’idée que dans la vie, il n’arrive rien pour rien. Pas que tout est prédestiné, écrit d’avance. Non. Mais que les choix qu’on fait ou qu’on ne fait pas nous amène ailleurs. Au fond, il suffit d’être disponible tant à ce qui peut arriver qu’à là ou ça doit nous amener. On a parlé de ça, d’amis communs et de plein d’autres choses. Je suis repartie de là légère, heureuse de ma vie et des choix que j’ai fait.

Le printemps arrivera bientôt – faut avoir la foi, à voir la neige tomber en gros rideau depuis tout à l’heure et la tempête de vent essuyée hier à Québec!, et ma jeunesse est peut-être loin, mais je l’ai vécu pleinement, et non, rien de rien, non, je ne regrette rien.

Entre le printemps de ma fille et l’automne de ma mère, j’en suis à vivre un bel été, comme un mois d’août ou je récolterai bientôt les fruits de tout ce que j’ai planté au cours des 25 dernières années. Vient-en, la cinquantaine! Tu me fais pas peur! :-)

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Sans mots. Toujours sans mots.

J’ai écouté hier soir l’excellent spectacle « Ensemble pour Haiti ». Un excellent spectacle, une générosité touchante. Un élan de solidarité, une voix unique devant ce malheur assorti d’une résilience extraordinaire. Au final, la tragédie qui accable Haiti a fait ressortir ce que nous avons de meilleur. La vraie question, cependant, c’est combien de temps nous serons encore pleins de bons sentiments.

Quelques voix discordantes, quelques gérants d’estrade qui ne sont probablement jamais sortis du pays mais qui savent, eux, comment organiser le chaos. À lire les commentaires sur certains blogues, je me dis que parfois, juste parfois, la race humaine me décourage et m’exaspère. Puis, un Luck Merville qui parle du fond du coeur sans prêcher la bonne parole, un Denis Coderre qui ne fait pas de politique avec le malheur, des millions de dollars amassés à coup de 5$ et de 10$, et voilà que je reprends espoir.

De l’espoir, par contre, il n’y en a plus pour Serge, dont on a retrouvé le corps hier. Je l’ai cotôyé au Québec et à Ottawa. Un homme solide, une fin horrible. Christiane, dans son communiqué, dit que Serge est mort en faisant ce qu’il aimait. Ça console, ça atténue la peine, mais ça ne fait pas disparaître la trise réalité.

Et puis il fait beau. Enfin, un peu de soleil, comme pour nous rappeler que malgré tout, « over the rairbow, blue birds fly ».

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L’horreur. Sans mots.

Depuis mercredi, je cherche. Comment exprimer l’horreur, la compassion, la peine, l’angoisse? Comment faire pour se donner l’impression qu’on est pas totalement inutile? Donner? Oui, donner généreusement. Prier? Oui, même si je me dis que si Dieu existe, il est totalement injuste envers ce peuple. Après les inondations, après Jeanne, pourquoi faire trembler la terre?

Je n’ai pas les mots. Je songe à cet homme que je connais, dont on est sans nouvelles, et à sa famille. Comment tolère-t-on l’attente?

Je songe aussi à ces enfants qui demain seront sans parents. Est-ce une solution que de leur ouvrir nos coeurs, nos maisons? Pour se donner bonne conscience?

Je n’ai pas les mots. Juste une conscience aigue de notre bonheur.

J’écoute Louis Lemieux et Dany Laferrière. Ils ont les mots, la compassion et l’intelligence du coeur. Ça apaise. Tout comme les bras de Merveilleuse merveille, qui a préparé des petits mots pour les petits haitiens, qu’on  » leur enverra quand le facteur recommencera à passer, hein maman « .

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Dure, dure la critique

J’aime la télé. Je l’ai déjà écrit. Et je suis hypocondriaque. Légèrement genre. Bon ok, pas légèrement. Affreusement.

Tout ça pour dire que depuis toujours, je suis une junkie des émissions « médicales ». Je me rappelle avec délices St-Elsewhere, puis Chicago Hope et ER. J’adorais les intrigues, je rêvais de me faire soigner par Mandy Patinkin, j’avais l’impression de faire du voyeurisme dans l’univers mystérieux des salles d’urgence.

J’avais donc des attentes élevées pour Trauma. Un cast impressionnant, un réalisateur de métier, une scénariste qui m’avait fait tripper avec Fortier. Probablement que mes attentes étaient trop élevées: je n’ai pas aimé. J’aurais voulu, tellement voulu aimer! Deux choses m’ont refroidies: d’abord les dialogues, trop « verbeux », et la propreté de tout ça. Je disais à Mammouth que je voulais être malade dans un hôpital aussi clean, parce que tous ceux que j’ai fréquenté, même les plus neufs, n’ont rien à voir avec ça. Pas que je tienne à ce que ça pisse le sang et que ça suinte la crasse, mais ce qui faisait la force des émissions américaines, c’était l’impression que c’était la même chose qu’au CHUM, genre. Des détails? Probablement. Et j’écouterai quand même les prochains épisodes, parce que de la bonne télé faite ici, ça mérite qu’on s’y attarde.

À l’opposé, mes attentes étaient très basses pour Mirador. C’est un milieu que je connais plus, et malgré de très bons comédiens, c’est le genre d’histoire qui peut vite tomber dans la dérape. Et pourtant, je suis restée scotchée devant mon écran. Bon, Patrick Labbé restera toujours pour moi le Simon de La vie, la vie. Une des premières séquences, où il s’examine longtemps dans le miroir, était presqu’un copie/coller d’une scène de mon émission fétiche. Mais ceci étant, j’ai quand même cru en son personnage de gars torturé.

En lisant rapidement mes « twits » ce matin, je tombe sur une réflexion d’une copine scénariste: Vous lire re: #Mirador me fait me rendre compte à quel point on se fait rapidement une opinion sur une série. Ça fait peur aux auteurs!

Elle a raison: on a la critique dure et rapide. On se fait une tête sur un seul épisode et on tranche. C’est comme pour le reste: quand on a 500 canaux et une possibilité infinie d’émissions à regarder, quand on peut voir en direct des junkies s’injecter leur dope, quand t’as l’impression que la madame qui accouche va crever ses eaux dans ton salon, la première émission d’une nouvelle série télé doit t’accrocher, sinon tu zappes. C’est profondément injuste pour les scénaristes, pour les réalisateurs et pour tous les artisans de la télé. Mais c’est la réalité, tout comme FB et Twitter modifient nos habitudes de communication. Sommes-nous devenus trop exigeants ou juste plus paresseux, en ne laissant plus le temps aux personnages et aux histoires de s’installer sur 2 ou 3 épisodes?

J’aime la télé. J’ai adoré Bunker (nous devions être 4 à avoir suivi la série jusqu’à la fin!), je voues un culte à La vie la vie,  j’ai été accro à Aveux. Dans le cas de la première, parce que je m’y reconnaissais parfaitement, même au sixième niveau. Dans le cas de la seconde, parce que ça révolutionnait ce qui c’était fait jusque là au Québec. La troisième pour son intelligence et le jeu des comédiens, en particulier Guy Nadon.

Aurai-je le même attachement à Trauma et Mirador? Je ne crois pas. Mais c’est un zillion de fois mieux que Occupation Story ou Loft Double!

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Je twitte, tu fessebouques, il youtube, nous disons n’importe quoi…

 

Je ne connais rien en technologie. Rien de rien. J’ai la chance d’avoir un Mammouth expert en cette matière, alors je me tais. Mais en ce début de nouvelle année,  j’ai envie de partager quelques réflexions.

Tout le « débat » qui fait rage entre les journalistes et les blogueurs me laisse plutôt froide. Journalisme citoyen? Réseaux sociaux? N’importe quoi 2.0? Dans la vraie vie de madame Toulemonde (pas Odette,  mais plutôt celle des nouvelles), ce sont là des débats aussi oiseux et inutiles que le sexe des anges. Pourtant, il y a un réel danger de dérapage.

Ce weekend, les rumeurs niées, démenties, confirmées, sur le décès présumé de la chanteuse Lhasa de Sela a mis en lumière le potentiel de dangerosité des zinternets, comme dit Mammouth. Au-delà de questions aussi fondamentales que celle du droit à l’information, mais aussi du droit au respect de la vie privée, concepts qui peuvent s’affronter dans ce genre de circonstance, c’est  le procès d’intention des uns et des autres qui m’a fascinée et apeurée.

C’était tout à fait dans la lignée des articles parus dans la Presse ce weekend. Comme si le fait d’écrire, de twitter, de fessebouquer, de bloguer, permettait tout, sans contraintes, sans limites, sans décence. Ouais, c’est ça je crois qui me heurte: l’indécence et le manque de savoir-vivre qu’on retrouve de plus en plus sur la toile. L’immunité totale du derrière l’écran.

La démocratisation des outils d’information, ça peut être aussi violent et imprévisible qu’un gun « loadé » entre les mains d’un enfant.

Je ne suis pas en train de dire qu’il faut retourner à un contrôle stricte de l’information. Je suis une junkie des réseaux de nouvelles en continue et je crois que l’information permet de faire des choix éclairés. Pour moi, les chasse-gardées des uns et des autres sont un faux-débat. Ce qui l’est moins, par contre, c’est l’impact de la nature humaine sur l’information et sur ce qui circule publiquement. Des carrières, des réputations sont en jeux et on s’étonne de l’absence de leaders forts et crédibles… D’un simple twitt, sur la base de  « on-dit », on peut créer une tornade qui ne pourra s’arrêter d’elle-même. Ce n’est pas différent du mémérage du parvis d’église, au fond. Mais la vitesse avec laquelle la moindre information circule, est reprise et dissiminée partout fait que ce qui pouvait se rattraper autrefois ne peut plus l’être maintenant. Peu importe que Joe Bloe ou Pat Lagacé ou Yves Boisvert signent un article, si les faits sont inexacts, le dommage est le même. Parce que le twitt de Joe Bloe sera peut-être repris par quelqu’un qui le refilera à quelqu’un qui le refilera à Pat Lagacé.

Je nous souhaite juste qu’en 2010, nous puissions faire un débat serein là-dessus. Pas sur le contenant, sur le contenu.

Je nous souhaite que 2010 soit une année où nous réfléchirons, individuellement et collectivement à notre rapport aux autres et à notre comportement sur les zinternets. 

Et je vous souhaite, amis lecteurs, que 2010 soit une bonne année: qu’elle vous permette d’aller au bout de vos rêves!

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Montée de lait

Vous avez passé un bon Noël? Ici, c’était plutôt formidable. Comme à l’habitude, on a acheté les cadeaux et les provisions à la dernière minute (vive l’adrénaline!), le Père Nowel est passé dans la nuit et a vidé son assiette, laissant des miettes de biscuits et de carottes, mais cette année, comme les grands n’étaient pas avec nous, l’arbre n’était pas enseveli sous les cadeaux. Les cadeaux, ils y seront au Jour de l’An, quand toute la famille sera réunie, incluant les grands-mamans.

Hier, nous avons reçu à souper. Des gens qui, pour toutes sortes de raisons, n’avaient rien à faire en ce 25 décembre au soir. Des gens de tous horizons, qui ne se connaissaient pas entre eux. Des enfants fatigués qui ont tenu le coup. Des adultes qui se sont retrouvés autour de conversations tantôt artistiques, tantôt politiques, tantôt technologiques. Et comme le veut la tradition, c’est à la tourtière, la vrâ, celle du Saguenay, que nous avons initiés et/ou régalés nos amis. Une bien belle soirée, remplie de chaleur humaine et d’amitié. Une soirée comme je les aime.

Alors pourquoi ce titre?

Ce matin, en lisant ma Presse, je tombe sur cet article:

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/education/200912/26/01-934165-adieu-semaine-de-quatre-jours-a-lecole.php

Et plus je lis, plus la moutarde me monte au nez. Mettons d’abord quelque chose au clair: non, je ne suis pas objective. Mes parents ont tous les deux enseigné,  je suis issue du monde de l’enseignement. Pour moi, être prof, c’est une vocation, pas une job. J’admire ces gens qui ont le mandat d’apprendre à nos enfants à lire, écrire, compter. Qui leur donne 100 fois plus que la matière obligatoire. Je reconnais la lourdeur de la tâche, et je n’ignore pas qu’elle est de plus en plus difficile.

Mais bâtinsse! Nommez-moi un femme qui ne rêve pas de faire du 4 jours semaine????? Nous courrons toutes après notre temps, en essayant de conjuguer vie professionnelle et vie familiale. Mais combien d’entre nous avons la possibilité de le faire? Non, je ne tomberai pas dans la démagogie de bas étage, mais combien d’entre nous avons plusieurs semaines l’été, finissons à une heure raisonnable? Je sais, vous m’argumenterez qu’elles sont de la correction à faire, qu’elles préparent la journée du lendemain, que… que… Je sais. Je peux également vous nommer un certain nombre de mes collègues fonctionnaires et gestionnaires qui apportent du travail à la maison. Régulièrement. Et pas parce qu’elles ne sont pas organisées. Parce que la tâche augmente partout.

Au fond, deux choses me troublent: je veux bien qu’aucune étude n’évalue les impacts sur les enfants qui se retrouvent une journée par semaine avec une autre enseignante, mais je suis loin de penser, comme le psy de l’Université Laval, que c’est la même chose que les soins infirmiers. C’est tourner les coins un peu rond dans la comparaison, me semble.

L’autre point, c’est que je me demande si le travail a encore une valeur dans notre société. Ou si c’est plutôt un outil pour nous permettre de vivre, point. Le cas des enseignants a des aspects particuliers, mais c’est la même chose partout. Alors quand on me sort l’argument que de ne pas permettre le travail 4 jours par semaine va décourager les jeunes d’envisager cette profession, je me demande quel signal on envoie.

Sur ce, je retourne à mes fournaux. Joyeux temps des fêtes à vous tous, lecteurs et lectrices encore fidèles! Je reviens, promis, vous faire mes voeux de nouvel an!

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Good enough

Nanon, je suis pas morte. Pas désintéressée de la blogosphère non plus, et pas monopolisée par Twitter ou Facebook. Juste occupée à vivre à gérer, à recentrer et à (ap)prendre du temps pour moi.

Cet après-midi, par exemple, alors que Mammouth est parti avec la tribu au cinoche, me suis fais quelques plaisirs solitaires. Nah! je vois dans votre oeil, lecteur, une lueur coquine… Pantoute! Je me suis fait un thé à la menthe horriblement sucré (diabète welcome!), j’ai passé la balayeuse et j’ai écouté la télé.

J’ai écouté une reprise de Bazzo.tv. Surtout une discussion passionnante sur les « mères indignes ». À laquelle j’ai envie de réagir.

Comprenons-nous bien: je n’ai rien contre les mères indignes. Et surtout pas contre l’originale, Caroline Allard, une fille bourrée de talents qui mérite tout ce qui lui arrive. À cette mère indigne, qui nous a toutes permis de sortir du placard de la perfection, se sont succédées une série de mères toutes plus imparfaites les unes que les autres. Au point de créer un phénomène dont on discute à la télé, à la radio, sur les blogues, dans les magazines sérieux et les ceusses à potins et qu’on doit bien, dans le sérieux de nos facultés universitaires, analyser et décortiquer en moultes maîtrises.

Or, comme tous les phénomènes, y’a toujours quelque chose qui me titille. J’écoutais le bon docteur Chicoine dire que les bébés n’ont pas besoin d’une mère parfaite, Marie-Claude Barette parler de l’aspect « sacrifice » consenti de la maternité. Tout vrai. Mais un bébé a besoin d’une mère adéquate, et le sacrifice est proportionnel à ce qu’on perçoit devoir abandonner de sa vie d’avant.

Je les écoutais parler du besoin de sortir de la checklist de la perception maternelle – l’accouchement naturel, l’allaitement à perpetuité, les purées maisons, et j’en passe et des meilleures. Et je me suis demandée si, avec le phénomène des mères indignes, on n’avait pas remplacé une checklist par une autre – la dérision, le martini défendu, le besoin de crier au monde entier son imperfection? Remplacer une dépendance par une autre, est-ce une solution? On fait quoi, quand on est pas assez indignes?

Être mère, c’est difficile. On est jamais à la hauteur des attentes, et encore moins à la hauteur de ses propres attentes. C’est accepter, ou essayer d’accepter, que peu importe, on aura jamais tout compris, tout appris, tout perfectionné, tout rendu parfaitement. C’est vivre dans l’angoisse perpetuelle que quelqu’un, quelque part, pense qu’on a pas bien « élevé » ses enfants, c’est vivre dans l’inquiétude constante du devoir faire plus et\ou mieux.

Et c’est les regarder dormir, confiants. C’est aussi les regarder tracer leur propre chemin, pas toujours comme on l’aurait souhaité, mais bravement, armé de tout ce qu’on aura pu leur donner, malgré…

Bref, c’est juste accepter d’être une « good enough » mother, une « good enough » blonde, une « good enough » boss.

Ouais. I’ll drink to that!

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Gestion de crises

Ces jours-ci, tout est urgent. Tout est exacerbé. Tout est… trop. Ouais, juste trop.

Test ultime hier: nous sommes en réunion – communément appelée journée organisationnelle. Après 4 mois dans mon nouvel emploi, il était temps de faire le point en équipe, de revoir nos priorités et d’établir des règles du jeu claires. À l’ordre du jour, notamment, le plan de gestion de crise en cas de pandémie de la grippe du code postal.

Comme nous étions à parler de ce dossier en équipe, j’ai commencé par dire que ma position en était une de risque minimum: tu fais de la fièvre, tu te sens grippé, tu as des enfants qui sont malades? Tu restes à la maison. On va équiper tout le monde avec le système de gestion de dossiers à distance. Tu peux travailler de la maison? Tu le fais. Et je n’irai pas vérifier personnellement si tu mouches vraiment et si tu te tousses les poumons hors de la cage thoracique. Bref, on ne met pas les collègues ou les clients en danger. Oui, j’ai fait provision de Purell. En cas de pandémie, on aura aussi des masques disponibles.  Mais pour l’instant, pas de mouvement de panique.

Mes gens sont des professionnels. Ils ne profiteront pas d’une pandémie pour se pousser au soleil, prétextant qu’ils sont malades. J’ai donc eu une discussion avec la grande boîte: dans la vraie vie, s’il y a effectivement une pandémie, personne ne sera en mesure de tester tous les malades. Alors exiger un papier médical relève du wishfull thinking, à mon avis. Tout autant que d’exiger un certificat de retour au travail… Les médecins ne s’entendent pas sur la durée de la contagiosité de la maladie… Et puis, entre vous et moi, la H1N1 ou une grippe ordinaire, who cares? T’es malade, tu restes à la maison!

En plein milieu de l’avant-midi, un coup de fil: une employée, malade, arrive de chez le doc. Elle est en pleurs, paniquée. Le médecin lui a parlé de potentielle H1N1. Elle était au bureau, mercredi. Fièvreuse. Elle a peur d’avoir contaminée tout le monde. Hum. Je serai donc la bêta testeuse du plan de contingence…

D’abord, la rassurer elle. Elle est dans le stationnement de la clinique, incapable de rejoindre son conjoint, inquiète pour ses enfants, inquiète pour elle, inquiète pour ses collègues.

Ensuite, voir avec la grande boite: avons-nous enfin des directives? Mouvement de panique à babord… Heu.. on est prêt. Enfin, on pense qu’on est prêt. Heu… c’est toi la gestionnaire, tu prends tes décisions de gestion. Tu assumes et tu nous tiens au courant. Heu… non, tu exiges un certificat. Heu… de maladie ou de bonne santé? Heu… Ouais. Je gestionne.

J’ai la totale: une employée enceinte, une autre dont le conjoint est en chimiothérapie, une dont la mère de plus de 90 ans a une santé plus que fragile, d’autres qui ont de jeunes bébés. Et pas de diagnostique clair: potentiellement, mais pas testé. Je fais quoi? Je me tais? Je parle, au risque de provoquer une panique? Gestionne, ma fille. Gestionne.

Nous aurons une position corporative, bien sûr. Mais en attendant, je gestionne. Avant d’aviser ma gang, j’ai pris le temps de réfléchir. J’ai d’abord géré ma propre panique: après ma double pneumonie de l’hiver dernier, j’ai pas envie de me taper une grippe. Deux grandes respirations plus tard, je me dis que les risques sont minimes, mais que même en prenant toutes les précautions du monde, si le virus décide de m’attaquer, je n’y pourrai rien. Fake…

J’ai ensuite indiquer à ma gang que leur collègue serait absente pour la semaine, et que son médecin lui avait dit qu’elle avait des symptômes s’apparentant à. Que pour le moment, il n’y avait pas de diagnostique, et que si je leur en parlais, c’est que je voulais qu’ils soient attentifs aux symptômes. Quant à l’employée enceinte, on lui a suggéré de contacter sa gynéco. Je leur ai transmis les liens internet des ministères de la Santé. Et nous avons en choeur pratiquer la chanson du lavage de main! C’est d’ailleurs devenu un running gag pour le reste de la journée: au moindre éternuement, c’était pause lavabo! Pas de panique, tout le monde a réagi en adulte.

En l’absence de diagnostique, aurais-je dû me taire? J’ai jonglé avec l’idée, mais je ne me serais pas sentie en paix avec moi-même si je l’avais fait. Tout est dans la manière d’aborder les choses. Au fond, c’était une bonne pratique…

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L’autre

Il était affalé sur la boîte du téléphone. Savez, ces boîtes laides de Bell qui ont l’air de pousser sur les murs des stations de métro, ou dans les halls d’hôtel? Drôle d’endroit pour s’affaler. Debout dans le wagon du métro arrêté encore une fois à l’heure de pointe, je regardais distraitement les gens qui venaient de sortir à la station Rosemont, pressés de retourner à la maison, retrouver un amoureux, des enfants, un chat, un chien. À la limite, un poisson rouge.

Pas lui. Il était affalé sur la boîte téléphonique. Était-il sorti en même temps que les autres? Était-il déjà là quand nous étions arrivés? Et le métro, portes grandes ouvertes, ne repartait toujours pas. Je le regardais, incapable de détacher mon regard de cet homme d’âge mur, affalé. Quelque chose ne cliquait pas. Je ne savais pas quoi, mais un détail accrochait.

Puis j’ai compris. Ce léger mouvement d’épaule, c’est le mouvement qu’on fait quand on retient à grand peine ses larmes. Quand on étouffe par en dedans pour ne pas hurler. Il a relevé la tête, a essuyé ses yeux, puis a pris son front dans sa main. Toute la douleur du monde était dans ce geste.

Instinctivement, je suis sortie. Pour aller vers lui. Quelque chose dans son attitude criait à l’aide. J’ai fait quelques pas, il a levé les yeux, et a secoué la tête. Pour me dire de ne pas approcher. J’ai laissé partir le métro, en me disant que j’attraperais le suivant, que j’avais du temps. J’ai continué à le regarder, sans un mot.

J’ai pris le métro suivant. Il n’avait pas bougé. J’ai continué mon chemin, la tête pleine de questions. Pas par curiosité, non. Je me suis demandé quelle mauvaise nouvelle avait pu réduire cet homme à étaler pudiquement sa douleur, comme si elle l’empêchait d’avancer, de sortir de cette station bondée à l’heure de pointe.

Son amoureuse venait-elle de lui dire que tout était fini? Venait-il d’apprendre le décès d’un proche?

Dans un très mauvais scénario de film, ça commencerait ainsi:  » Terrassé par la nouvelle, il était incapable de bouger, peinant à reprendre son souffle… »

Sauf que ce n’était pas un mauvais scénario de film. Juste une « scène de la vie quotidienne » dans le métro. Et son regard me suit encore…

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Hé! C’est dimanche!

…. ouais, pis?

Depuis mon retour au boulot, je cours après mon temps. Je suis en réunion non-stop, je me justifie par écrit pour me conformer aux règles, je dote et je radote. Les activités ont repris également à la maison, mais difficile de se mettre dans le mood automnal quand il fait un temps estival. Les arbres commencent à peine à rougir, l’eau de la piscine est cristalline, et si ce n’était de la pluie qui tombe aujourd’hui, j’aurais pensé à aller m’étendre sur ma chaise longue pour lire au soleil quelques heures.

Mais il pleut. Et l’humeur est sombre. Trop de morts* ces jours-ci. Des morts publiques, et des morts personnelles. Des petites morts, des illusions mortes, des feuilles mortes. Mais quand même l’impression d’avancer.

Professionnellement, les choses se placent. J’ai commencé à trouver « mes » marques. À élaguer l’héritage, à séparer le bon grain de l’ivraie. À faire tourner le bateau. Vendredi, en réunion d’équipe, j’ai commencé à voir les gens sourire. J’ai livré ce que je m’étais engagée à livrer, et le lien de confiance est établi. Enfin je crois. Je sais à quel point ces liens sont fragiles, mais je crois avoir manoeuvré correctement. Du moins, je l’ai fait en toute transparence.

J’ai douté. Beaucoup. C’est sain, le doute. Ça vous force à remettre en question pas mal d’absolus, ça épuise, mais ça produit toujours des résultats dans mon cas. Je doute encore un peu, mais les certitudes se réinstallent.

Et puis j’ai réalisé que quinquagénaire et quinquaillerie, c’est lié. À 50 ans, vous commencez à avoir besoin de pièces de rechange. Là, c’est mon genou, tanné de supporter un excès de poids, qui se rebelle. D’ici quelques années, aurai-je droit à une articulation en titane? En aluminium léger, garanti 30 ans?

C’est dimanche. Cet après-midi, pour rester dans le ton, nous irons voir « Il pleut des hamburgers »…

Comme dirait l’autre « Bonne semaine »!

* Le décès de Pierre Falardeau me désole. J’aimais m’énerver quand il s’énarvait. Celui de Nelly me désole aussi. Mais pas pour les mêmes raisons.

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Avoir peur des mots

Vous me connaissez. Je ne parle jamais politique. Ou si peu.

Mais la controverse entourant le Moulin à paroles me laisse songeuse. Pas sur le caractère partisan de l’événement: chacun y trouvera sa chacune, comme disait ma grand-mère. Non, ce qui m’interpelle, c’est notre rapport à l’histoire.

Je vous l’ai déjà raconté: la crise d’octobre a joué un rôle déterminant dans ma vie. Le fait qu’on veuille relire des extraits du manifeste du FLQ ne me gêne pas. Octobre 70 fait partie de notre histoire, tout comme la révolution tranquille, les jeux olympiques ou les élections à répétitions… Avons-nous si peur des mots? Avons-nous si peur de notre histoire? Pensons-nous qu’édulcorer le passé le rend plus acceptable? Moins dangereux?

Nous avons, comme société, nos côtés sombres. Nous avons eu nos histoires pas belles, pas jolies, nos moments moins glorieux. Tout comme nous avons eu nos moments forts, ces moments ou on se sent fiers d’appartenir à cette société qu’est la nôtre. Dans notre histoire collective comme dans nos histoires personnelles, y’a des événements qu’on souhaiterait peut-être oublier, mais qui ont exister. On peut toujours nier, mais la réalité demeure.

Au fond, qu’est-ce qui est le plus subversif? De lire un texte comme le manifeste, ou de l’ignorer? Et pour qu’on se comprenne bien,  je ne prends pas position ni pour un camp, ni pour l’autre. Il y a des dérapages de chaque côté, à mon avis. Bien des mots inutiles.

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Grippe du code postal – Prise 2

Belle initiative, pour ceux et celles que ça intéresse: une conférence en direct sur le sujet, en provenance de l’Hôpital de Montréal pour enfants.

http://www.hopitalpourenfants.com/fr/nouvelles/pointdemire.aspx?id=739
On a jamais trop d’informations pour prendre une décision, quelque qu’elle soit.

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La grippe du code postal…

… a fait sa première victime: une classe de 2e année d’une école primaire de quartier. Yup. Et selon merveilleuse merveille, c’est la faute du premier ministre. Son premier apprentissage  de la rentrée : c’est la faute du gouvernement. Mais vous et moi, on le sait hein, que c’est toujours la faute du gouvernement!

En fait, je suis un peu en maudine – le stade avant être en maudit. Semblerait que la commission scolaire s’est décidée hier à retirer des écoles les enseignantes enceintes. Z’auraient pas pu y penser avant la rentrée? Bref, les petits ont commencé lundi avec une enseignante qui les avaient déjà avisé qu’elle quitterait en novembre. Hier, elle les a informé qu’elle quittait en fin de journée. Et Merveilleuse, peinée, de m’expliquer que c’était le premier ministre qui avait décidé ça, et que le gouvernement savait toujours qui était enceinte. Big brother, rien de moins.

C’est ce même gouvernement qui nous a également envoyé hier une belle note sur la grippe du code postal, nous assurant que les mesures nécessaires seraient mises en place le cas échéant. Tout comme la ministre nous a personnellement écrit qu’elle avait à coeur la réussite scolaire de mon  enfant. Non pas que je doute de ses bonnes intentions, loin de là. Y’a deux postes de ministres dans un gouvernement ou tu n’es jamais gagnant: la santé et l’éducation. Et la ministre ne s’en tire pas plus mal que d’autres. Mais honnêtement, je doute que beaucoup de parents prennent le temps de lire sa missive. C’est plus facile de dire que c’est de la faute du gouvernement…

Et pour ceux et celles qui sont déçus que ce billet ne parle pas du débat entourant le vaccin… Voyez-vous, je prends pour acquis que mes lecteurs/trices *André Boislair, sors de ce corps!* sont des gens matures, responsables, qui prennent des décisions éclairées. Et qu’ils assument les conséquences de leurs décisions. À lire et à écouter les débats, je me demande seulement si les gens qui sont si farouchement contre ne seront pas les premiers à revendiquer à grands cris leur vaccin si la situation devient réellement grave. Mais bon, là encore, ce sera la faute du gouvernement, hein! Y’avait juste à nous le dire, hein!

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Quoi? Déjà septembre?

J’ai changé le calendrier sur le frigo, ce matin. Déjà septembre? Prise par la vraie vie, et par une crise existantielle d’écriture, j’ai délaissé ce blog cet été. Écrire, quand ça vous force, quand vous avez le sentiment de n’avoir rien à dire, c’est difficile. J’ai jonglé avec l’idée de fermer les chroniques du patio, et j’ai oublié.

J’y suis venue quelque fois, parce que c’est quand même ici que j’ai envie de déposer mes textes, de laisser aller mon imaginaire, de jouer avec les mots, de laisser ma trace pour ma fille. Et j’ai oublié.

L’impression d’avoir déjà tout raconté. De me « réécrire », de radoter.

Je réalise aussi que je m’auto-censure. Beaucoup. Avec la nouvelle job viennent les nouvelles responsabilités, et même si j’aurais abondamment de matériel pour raconter des histoires « vraies »,  je n’ose le faire. Les nouvelles responsabilités viennent également avec un devoir de réserve.

Et vous me connaissez. Je ne parle jamais politique. Ou si peu. Pourtant, il y aurait tant à dire…

Y’a aussi qu’on devra établir une nouvelle routine de vie. Mammouth a décroché un contrat qui l’oblige à se lever bien avant l’aube, et cette année, je devrai laisser merveilleuse merveille au service de garde plus tôt, puisqu’il ne pourra plus l’amener à l’école. Nouvelle routine donc pour elle et moi le matin, plus tôt. Nouvelle routine également pour le soir, afin d’alléger celle du lendemain matin. Pour l’instant, nous avons survécu à la rentrée. Merveilleuse est ravie: elle a échappé au prof qu’elle ne souhaitait pas avoir. Moi, je le suis moins: le prof qu’elle a, bien que probablement fort douée, quittera en novembre pour son congé de maternité. Quand on sait à quel point merveilleuse est réfractaire au changement, et comment elle réagit quand sa routine est déstabilisée, j’avoue que ça m’angoisse un peu. Par contre, je sais que cette nouvelle prof était en charge des groupes de troubles de comportement les dernières années, et qu’en lui en parlant, elle saura préparer ma fille à ce changement. Et puis, même si j’angoisse, il n’arrivera que ce qui est dû pour arriver, alors …

Ce fût d’ailleurs une rentrée rock and roll: 30 heures sans électricité, de dimanche matin  à lundi pm, ça donne un sujet de conversation aux parents qui, comme soi, ont la couette de travers (pas d’électricité = pas d’eau chaude = pas de douche!), sont en manque grave de caféine, et se sentent coupables d’avoir hâte de laisser les enfants dans une école aussi sans électricité mais soulagés que quelqu’un d’autres les occupent pendant quelques heures!

Entretemps, je suis toujours en vacances, bien que le p’tit hamster dans mon cerveau n’arrête pas de préparer sa « rentrée » au bureau. De gros changements à l’horizon. J’ai pris l’été pour observer, consulter, discuter. J’ai commencé à mettre en place une nouvelle structure, qui se concrétisera au retour. Tout comme avec merveilleuse merveille, je sens que certains de ces changements perturberont ma nouvelle équipe. À moi de voir comment je les ferai accepter en douceur. Stressant? Un peu. Mais c’est pour ça qu’on me paye, non?

Mon père avait l’habitude de dire: « t’as pas voulu faire une soeur? Ben travaille! »…J’aurais bien voulu être religieuse, à condition qu’on me promette d’être pape… P’tit boss des bécosses, dit Mammouth. Nah! Nah???? Nah!!!! C’est pas tout, y’a du lavage qui m’appelle (et que j’étendrai sur ma nouvelle et illégale corde à linge!), de la vaisselle à ranger, une balayeuse à passer et une sortie de filles qui m’attend ce midi.

Pour une fille qui n’avait plus rien à dire, hein…

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